C’est le Zodiac qui te parle !


 

Bien qu’il ne jouisse pas de la même réputation que « Seven« , première incursion de David Fincher dans le genre et référence absolue en la matière, « Zodiac » est l’un des meilleurs (et le plus réaliste) films de serial killer de l’histoire du 7e art.

 

 

Il faut dire que pour raconter l’histoire du « Zodiac« , un tueur en série non identifié qui a sévit dans la région de San Francisco entre 1966 et 1978, Fincher a misé sur le souci du détail, la reconstitution minutieuse et le refus du spectaculaire et de toute extrapolation afin de rester aussi fidèle que possible aux faits tels qu’ils sont connus. Rien à voir avec « Seven« , son esthétisme glauque et ses meurtres sophistiqués.

Le doc de David Prior « Allo ici Zodiac« , qui figure sur la seconde galette de l’excellente édition director’s cut du film du pote à Brad Pitt, peut se vanter des mêmes qualités.

Dimanche soir, seul dans le canapé du salon, face à la porte fenêtre, je me suis matté ce documentaire. Immobile pendant 105 minutes, dents et poings serrés, je me suis payé une tranche de stress comme rarement avec frisson, souffle retenu et tout le barda. Pourtant, il s’agit d’un documentaire tout ce qu’il y a de plus académique voire même austère. Le genre qu’on croise au hasard d’un zapping comateux sur Arte sans y prêter une once d’attention.

Quelques photos de scènes de crimes et de cadavres, de rares vidéos d’époque et de long témoignages intimistes des protagonistes de l’époque, filmés en plan serré sur fond blanc suffisent à installer une certaine angoisse en toile de fond.

 

A l’heure où les documentaristes se mettent de plus en plus en scène dans leurs travaux, Prior n’intervient que rarement, posant une question par-ci par-là lors des entretiens histoire de relancer le truc. Pas de narrateur, pas de reconstitution des meurtres, peu de retours sur les lieux des crimes. Un anti-« Faites entrer l’accusé » en somme.

Seule concessions à l’air du temps, la musique, angoissante comme il faut (en même temps la BO de Chapi-Chapo aurait été mal venue) et des reconstitutions en images de synthèse de certaines lieux du crime, probablement afin de mieux planter le décor.

Des thrillers, il en débarque treize à la douzaine chaque année dans les salles obscures. Rares sont ceux qui peuvent se vanter d’arriver à la cheville du documentaire de David Prior . Les descriptions avec force détails et sans points de vue personnels des crimes du « Zodiac » tiennent le spectateur en haleine et font froid dans le dos, en particulier lorsqu’elles sont appuyées par les témoignages des survivants.

Deux scènes m’ont particulièrement marquées : le témoignage de Brian Hartnell, survivant de l’agression du Zodiac le 20 septembre 1969 au bord du Lac Berryessa où il pique-niquait avec une pauvre bougresse qui n’a pas eu sa chance. La précision de son témoignage, le recul dont il fait la preuve et sa lutte pour survivre après 6 coups de schlass dans le lard forcent le respect.

L’autre, c’est le témoignage d’un flic qui explique qu’en se rendant sur le lieux du meurtre par balles d’un chauffeur de taxi (paradoxalement, le moins flippant des crimes attribués au Zodiac), il a croisé un type suspect qui a baissé la tête en voyant la police et a changé de route. Quelques jours plus tard, le Zodiac envoyait une lettre (reproduite dans le film d’ailleurs), relatant ce même épisode.

Glaçant.

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Classé dans Cinéma, Critique

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