Dieudonné : antisémite peut-être, talentueux sûrement


Vous pensez que Gad Elmaleh est le mec le plus drôle de France ? Vous n’avez pas vu « Coco » ni les spectacles de Dieudo. Condamné de toutes parts, l’infréquentable aux amis zarbis et aux idées à la con n’en demeure pas moins l’humoriste le plus talentueux de l’Hexagone depuis Coluche et Desproges en attendant l’apogée de Thomas Ngijol.

 

Depuis que Dieudonné est parti dans ses élucubrations vaguement antisémites et ses provocations bon marché, son talent et la qualité de ses spectacles sont passés sous silence. Médiatiquement, celui qui continue d’être porté au pinnacle des humoristes par Fabrice Eboué ou Valérie Lemercier et qui a inspiré à peu près toute la France du rire de Florence Foresti à Omar et Fred, n’existe plus qu’en tant que visage de l’antisémitisme en France.
Il le sait, et manifestement il s’en déboîte le coccyx.

Le talent n’excuse rien et il est compréhensible qu’on pardonne moins à ceux qui en ont. Mais de là à refuser de le voir… Nier le talent de Dieudonné, c’est alimenter le moulin de sa paranoïa et affadir ses arguments quand on est l’un de ses détracteurs. Dire qu’il n’est pas drôle à en renier « Zoolander » revient à soutenir que « Le Voyage au bout de la nuit » est un roman de gare que Danielle Steel n’aurait pas osé signer fusse sous un pseudonyme.

Certains me rétorqueront dans une pluie de postillons que ce n’est pas comme s’il ne l’avait pas cherché. C’est vrai. A chacune de ses frasques, c’est à nouveau la goutte d’eau qui fait déborder le vase. A croire qu’il s’agit d’un vase sans fond.
Cependant, la presse est en partie responsable. Pourquoi relayer chaque coup d’éclat de Dieudonné comme s’il s’agissait de la sortie du dernier Johnny ? De « son vivant », Dieudo n’a jamais été Claude François à ce que je sache !

C’est parce qu’il connait la répercussion médiatique du moindre de ses faits et gestes que Dieudonné se donne tant de mal à innover dans la connerie. Parce que franchement, faire mieux que le parrainage de son fils par Jean-Marie Le Pen en remettant un prix de l‘infréquentabilité au négationniste Robert Faurisson, fallait s’astiquer le cortex ! Mais comme il le dit lui-même, « il faut bien trouver quelque chose pour faire parler de soi ».

Soudain, porté par ma réflexion, une question me vient à l’esprit. Parlerait-on autant des dérapages de Dieudonné si d’aventure sa maman bretonne n’avait pas eu l’idée saugrenue de zouker avec un lover camerounais ?
Je m’explique. Dans l‘imaginaire collectif, depuis que le racisme est racisme, le raciste est blanc, comme les bimbos stupides sont blondes, les chiens d‘aveugles des labradors et .

Plus que ses propos, ce qu’on ne pardonne pas à Dieudo c’est sa couleur de peau et son passé antiraciste. C’est aussi ce qui dans une certaine mesure fascine les médias qui font abattre bien trop d‘arbres pour couvrir la moindre de ses rodomontades.

Bref. On est ce qu’on fait. TOUT ce qu’on fait. Le positif comme le négatif, le bien comme le mal.
Le talent est partout. Chez les communistes, les capitalises, les racistes, les végétariens, les partisans de la fourrure, les astigmates, les fans de Michel Sardou, les socialistes, les danseurs de tektoniks… Si Hitler, Staline ou Mao avaient peint la Chapelle Sixtine, composé Thriller ou réalisé Pulp Fiction, aurait-on nié leurs qualités à ses œuvres ? Pas si l’on est intellectuellement honnête.

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Classé dans LOL MDR PTDR XPDR, Politique

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