Star crash


Au royaume des loosers à qui on a très envie de dire « ha ha ha j’le savais blaireau« , Giovani Dos Santos fait figure de prince. En l’espace de quelques mois, le sosie mexicain de Ronaldinho a connu une descente à la cave digne de celle du carioca aux dents (et au coup de rein) de lapin.



Tout avait pourtant bien commencé dans le monde merveilleux du ballon rond. Débarqué de son Mexique natal à 13 ans avec sa famille, son pancho et son paquet de Pepitos, Gio s’impose rapidement comme l’une des perles de La Masia, le centre de formation du Barça. Superlatifs et compliments s’abattent sur lui tels la pluie sur la Bretagne. Censé devenir un jour l’une des  fines gâchettes de la puissance de feu catalane aux côtés de son copain Bojan, c’est en même temps que ce dernier que Frank Rijkaard le lance en équipe première en 2007-2008.

Même s’il apparaît 28 fois en Liga, il n’est qu’un second rôle de luxe qui marque peu. Les stars du blockbuster catalan s’appelant Messi, Henry, Eto’o et Ronaldinho. Autant dire que les cimes du box-office sont aussi loin pour Giovani Dos Santos que le palais de l’Elysée pour Marie-George Buffet. Le talent est pourtant là. Efficace en un contre un, excellent dribbleur doté d’un très bon panard gauche, Giovani Dos Santos pourrait prétendre à un premier rôle. Mais dans une série B.

En parlant de B, Bojan s’accroche. Il ne joue que 3 matchs de plus que Giovani mais marque 10 fois quand son compère n’a fait parler la poudre qu’à trois reprises. Si le seul gars qu’il peut légitimement prétendre concurrencer au Barça marque trois fois plus que lui, ça sent pas bon…

Totalement possédé, Giovani Dos Santos se met pourtant en tête d’obtenir un temps de jeu minimum garantie et une revalorisation de salaire, conforté en ce sens par l’intérêt que lui manifeste Chelski.
« Et en échange tu nous garantie d’envoyer du bois peut-être ?  » ont dû se demander des dirigeants catalans qui ont alors fort à faire avec un Ronaldinho en roue libre depuis la triomphale saison 2006.

Giovani Dos Santos le maigrelet pense donc pouvoir la jouer « Over the top » avec le Barça. « Mas dinero o me largo a Inglaterra ! ». « On s’en lustre l’asticot ! » répondent à l’unisson Guardiola, Begiristain et Laporta.
Guardiola n’a de toute façon pas trop l’intention de faire jouer Bojan, alors Dos Santos qui est moins efficace…

Notre Pepito se tourne donc vers l’outre-Manche où en fin de compte Chelsea est passé à d’autres lubies. Si à la place du Mexique, pays de sa mère, il avait opté pour la sélection brésilienne, pays de son père, peut-être qu’il aurait pu brancher Scolari mais là… Le moustachu s’en foot (ho ho, qu’elle est bonne).

Reste deux clubs : Manchester City, qui teurk devant tout ce qui ressemble de près ou de loin à un footballeur, et Tottenham alors entraîné par l’Espagnol Juande Ramos. C’est finalement en faveur des Spurs que s’engage GDS en juin. Le Barça pressé de le liquider dans le cadre de sa grande opération estivale « Tout doit disparaître« , brade l’adolescent six millions d’euros et passe à autre chose tout en s’assurant de récupérer 20% d’un éventuel transfert futur.

Pour l’ancienne perle de la cantera blaugrana, âgé de 19 ans, le bordel ne fait que commencer. A Tottenham, il ne parvient pas à s’imposer ni sous Juande Ramos, en place lors du plus mauvais début de saison de l’histoire des Spurs, ni sous Harry Redknapp qui succèdera à l’ancien maître à jouer du FC Séville.

Son seul fait d’armes de la saison sera d’être pris en flag par des photographes, rond comme une barrique, à la sortie d’une boîte de nuit. Ah, et aussi de planter une banderille contre je ne sais quelle équipe d’un pays de l’Est en coupe de l’UEFA. Mirifique.

Le mercato hivernal arrivé, Gio cherche donc à mettre les voiles histoire de s’assurer que les pelouses sont plus vertes ailleurs. Alors que l’Olympique Lyonnais à longtemps tenu la corde, le gamin s’engage finalement en faveur de Portsmouth, l’ancien club de Redknapp, le dernier jour du mercato. Mais comme c’est un looser de compétition, il ne satisfait pas à la visite médicale et le deal capote.

Le 13 mars 2009, c’est le drame. Giovani Dos Santos, ancien grand espoir du FC Barcelone courtisé par Chelsea et appelé à devenir le fleuron de la delantera d’El Tri, fait ses valises pour Ipswich Town où il est prêté jusqu’à la fin de la saison. Un club qui se sent obligé de préciser dans son nom qu’il représente une ville et non pas une bourgade ou un lieu-dit, c’est quand même mauvais signe.

L’année de ses 20 ans, Giovani Dos Santos devient le premier Mexicain de l’histoire à évoluer en Championship. La deuxième division anglaise. Hola tristeza.

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Classé dans Football, Sport

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