FC Barcelone, ou la victoire sans jouer la deuxième mi-temps


Quand danse et jeu de massacre se téléscopent, lorsque l’art et le sport ne font plus qu’un, ça donne Barça-Bayern, un nettoyage ethnique façon foot particulièrement chiadé, une mise à mort chorégraphiée dans laquelle déhanchements, passements de jambe et accélérations sont les munitions d’armes de destruction massives surnommées Messi, Iniesta, Xavi, Alves, Eto’o, Piqué ou encore Henry.

Les Blaugrana ont cogné Munich en 2580 secondes. La banque du sperme envisage sérieusement d’investir dans le football et Christian Jeanpierre qui n’en finissait plus de mouiller son falzar a encore eu un orgasme en direct hier soir. Quand le Barça fait l’amour, ce sont tous les fans de beau jeu qui prennent leur pied.

Je reste pourtant mesuré et ce pour plusieurs raisons.
En premier lieu, parce que quoi qu’en disent les médias et les stats, il y aura un match retour à l’Allianz Arena mardi prochain.
Ensuite, parce que depuis le début de cette saison, l’équipe de Guardiola nous la joue Usain Bolt. « J’explose les compteurs, assure victoire et record en début de match, puis je me la coule douce à la fin, sûr de mon talent« . Pour les spectateurs, c’est un peu comme si Bob Dylan jouait tous ses classiques dans la première moitié d’un concert et qu’après l’entracte il gratouillait gentiment sa guitare en fredonnant de vieilles chansons country de son enfance. Frustrant. Mais tant qu’ils repartent de Rome la médaille d’or autour du coup le mois prochain, qu’importe.

Le Bayern Munich n’est pas la première victime à se voir enfiler un chapelet de buts dans la fripe cette saison (remember l’OL, « qui n’est donc pas si loin du top du hip-hop puisqu’à l’inverse des Bavarois, les Lyonnais ont marqué deux fois » – ne manqueront pas de théoriser les fidèles des cafés du commerce télévisuels – ).
A chaque corrida des enfants de la Dream Team, la mise à mort a lieu en première temps. Au retour des vestiaires, le Barça sort la muleta et offre la faena, s’assurant ainsi la place de précurseur au Panthéon de la passe à dix. C’est sans doute ce rendement pantagruélique dans les 45 premières minutes qui permet aux Catalans de tenir admirablement la distance depuis septembre malgré un court passage à vide en février.

En sentenciant ses matchs avant le quart d’heure aux vestiaires, la bande au Messi(e) s’évite batailles homériques, et blessures pour arracher la victoire et donne dans l’écologie, en réalisant des économies d’énergie considérables.

Présent dans les tribunes du Camp Nou hier soir, Johan Cruyff, maître à penser et père spirituel de Pep Guardiola souriait franchement. Parce qu’il sait. Il sait que peu importe le dénouement de la saison, le talent cyclopéen du Barça lui assurera de toute façon une place en or au firmament des plus belles équipes à jamais avoir régalé la chique.

J’aurai aimé être un enfant aujourd’hui et découvrir le foot avec le Barça.

Picture by Prahbu B

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Classé dans Football, Sport

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