Pendez le haut et court


Il y a des frelons comme ça, à la seconde où leur claque-merde se met en branle, on a envie de les transformer en oreille d’Evander Holyfield histoire qu’ils se fassent arracher/machouiller/recracher par Mike Tyson.

Le fruit de ma vindicte, peut-être excessive, indiscutablement gratuite, est un insignifiant vendeur de fruits et légumes d’un magasin d’alimentation où j’ai mes habitudes (allez, vas te pendre Hov’…).

Cette tête de pipe, âgée d’une vingtaine de piges et aussi sérieux que Tugg Speedman en personne, est le seul vendeur d’épicerie que je connaisse à demander aux clients s’il peut les renseigner. A propos de quoi ducon ? On est déjà astreints à se montrer civilisés, polis, aimables, souriants, que sais-je encore avec toutes les connasses exaspérantes qui cherchent à tout prix à nous dealer du renseignement dès qu’on veut acheter de la sape ou des grolles, on va pas remettre ça quand on veut juste s’acheter trois oeufs, du fromage et une bouteille de lait pour faire une ouiche lorraine ! « Ah oui j’m’énerve là !« 

S’il n’y avait que ça… Il a une cascade de manies et de traits insoutenables et pousse au crime.

Sa politesse zélée et son besoin vital de mettre son ardent professionnalisme en avant font de lui le rejeton caché du personnage de collabo de Jean-Paul Rouve dans « Monsieur Batignolles » et de Martin Gary des « Grands Frères« .

Sa diction de sociétaire de la Comédie Française et son vocabulaire ampoulé me font penser par ailleurs aux employés de hotlines quand ils vous expliquent avec calme et suffisance, en prenant le soin de détacher toutes les syllabes du monde, y compris celles qui n’existent pas, qu’en souscrivant à  la fonction MMS illimités de 20h35 à 00h15 vers les portables Orange et les fixes en France métropolitaine, vous avez automatiquement prolongé votre contrat de quatre ans. 
Oui ça donne envie de s’envoyer un colis piégé.

Mon relou de compétition distribue surnoms et diminutifs à tout et n’importe quoi : à ses collègues, aux natures mortes, aux fruits et légumes, à la caisse enregistreuse, aux oeufs, aux packs de lait et aux animaux, même s’ils doivent rester à la porte du magasin.
Il s’intéresse à l’arthrite de mamie avec un air faussement concerné. On a dû lui apprendre ça quand il préparait son BEP ventes. C’est une technique pour fidéliser la grisonnante en quête d’une esgourde pseudo attentive à ses babillages non sensiques. A l’autre bout de la pyramide des âges, il refourgue des chocolat bons marchés aux marmousets en leur tapotant le crâne avec condescendance. Ou la vieille stratégie qui consiste à faire copain copain avec les bambins pour se mettre les parents dans la poche et par la même occasion leurs fafiots.

Quand enfin il taille la route (je vais toujours faire mes courses le soir en espérant qu’il aura mis les voiles avant mon arrivée), il ne peut s’empêcher de théâtraliser sa sortie en saluant ces messieurs, dames à qui il souhaite une bonne soirée et en prévenant sa collègue, suffisamment fort pour que même Martine Aubry soit au courant, que « demain [il sera] sur le pont à la première heure« .

S’il a besoin de reconnaissance je lui proposerais bien de créer son blog tiens…

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1 commentaire

Classé dans Me, myself & aïe !

Une réponse à “Pendez le haut et court

  1. Jackson Marie Martine

    ouais Glaad, salut Glaad, à demain Glaad, Ok Glaad

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