Football : L’Italia s’e desta


En dépit d’une énième victoire du Milan AC en Ligue des Champions 2007 laide comme une réclame contre les « mycoses pédestres« , ça fait quelques piges que le Calcio est relégué au second rang des championnats européens du point de vue de l’exposition médiatique, laissant la tête d’affiche à la Liga et surtout, à la Premier League quand ce n’est pas à la spectaculaire mais pas très sexy Bundesliga.

Il faut croire que le Calcio passe à la caisse pour sa réput’ de Valhalla des défenses et des combines en tout genre, même si la perte de vitesse médiatique de la formule 1 transalpine remonte à quelques années avant le Moggiopoli.

Même la venue de José Mourinho, pourtant jamais avare d’un crime de lèse politiquement correct pour faire ruisseler l’encre aux quatre coins du Vieux Continent, n’a pas relancé l’intérêt de la presse européenne pour un championnat qui a par ailleurs cessé d’être une destination cinq étoiles pour le gotha footbalistique mondial. En fait, on dirait bien que le Calcio est la principale victime du retour au top du hip-hop du foot anglais au début du siècle.

Le pire, c’est qu’il y a aussi des conséquences sportives à ce barnum. Les transferts de footballeurs italiens à l’étranger, autrefois aussi rares que les neurones dans la caboche d’Ariane Massenet, n’ont plus rien d’exceptionnels. Tout comme l’absence de clubs ritals en 1/4 de finales de la coupe aux grandes oreilles.
Pour un pays quadruple champion du monde de foot et tenant de la coupe Jules Rimet, ça la fout mal.

Le désamour pour le Calcio est patent. Référence absolue des championnats européens il y a encore dix ans, il n’intéresse plus que de loin les amateurs de ballon rond, incapables pour la plupart de vous citer plus de trois joueurs de l’Inter ou de la Juve.

Entre révélations, confirmations, résurrections et révolution, ça faisait pourtant une paye que le gioco di calcio n’avait pas été aussi alléchant et prenant de l’autre côté des Alpes. Dommage qu’à moins d’un salut fasciste au Stadio Olimpico, d’une baston façon Vikings à Catane, d’un mort sur une aire d’autoroute turinoise ou d’un transfert un peu « people » au Milan, tout le monde s’en claquemure les tambourins. Même les déboires de Ronaldinho chez les Rossonerri, la presse s’en lubrifie le massicot.

Mais comme le soulignait avec optimisme Zaho dans la chanson du même nom, la roue tourne et l’Italie pourrait bientôt revenir foutre sa merde au sommet du foot européen. Avec une crise qui touche durement le soccer briton, ça pourrait même arriver plus vite que prévu. Alors autant que vous soyiez au parfum de ce qui bouge dans la Botte.

Les clubs

Force de frappe financière oblige, l’Inter, la Juve, le Milan et la Roma tiennent toujours le haut du pavé même si le club de la louve connaît une saison en dents de scie malgré d’indiscutables talents.

Au rayon des teams moins connues mais jouasses à voir au turbin, j’en retiens trois. Le Genoa, actuellement 4e, la Fiorentina qui menace dans son sillage et les Siciliens de Palerme, 7e.

S’il ne fallait retenir qu’un révélation en Europe cette saison, l’autre club de la ville natale de Christophe Colomb n’aurait certainement aucune chance face aux Allemands d’Hoffenheim. C’est bien dommage et un peu injuste. Un an après son retour parmi l’élite, le club ligurien joue les troubles-fêtes atypique d’un championnat depuis longtemps aux pognes de cinq ou six clubs. Entraîné par la locomotive Milito sur les rails du succès, le Genoa roule maintenant à une confortable vitesse de croisière vers les avants-postes, l’inamovible trio de tête du Calcio en ligne de mire. 

La table des troubles-fêtes, ça fait quelques saisons que la Fiorentina y a posé son cul. Guidée vers la lumière par son attaquant vedette Adrian Mutu, la Viola est suffisamment outillée pour ferrailler ponctuellement avec les cadors de la Serie A, mais malheureusement pas assez pour jouer le titre. Outre son Roumain, la Fiore peut aussi compter sur Gilardino, Melo, Donadel, Varas ou Montolivo non moins talentueux.

Si ces dernières années quelques tricoteurs classieux ont fait brillé le maillot palermitain (Luca Toni, Cricito, Barzaglie, Zaccardo, Amauri), c’est surtout pour son dézingué de prez, adepte d’un turn-over intensif sur le banc, qu’Il Palermo (Maurizo Zamparini) fait jacter. Injuste au vu du beau jeu produit et de la combativité permanente du club sicilien face aux mastodontes de la Serie A. .

Les coachs

Chez les Misters, il s’en est bâti des ponts depuis l’époque où les techniciens italiens étaient surtout réputés pour bétonner à l’arrière, marquer un but de rat sur contre-attaque et gérer le score jusqu’à la délivrance arbitrale.
Les meilleurs ambassadeurs de la nouvelle génération de coach italiens sont sans doute : Luciano Spalletti et Cesare Prandelli. Méticuleux, pointilleux et soucieux des considérations tactiques chères aux coeurs des Lippi et autres Cappello, ils se distinguent de leurs illustres aînés en laissant plus d’espace au jeu et au plaisir, à la manière d’un Frank Rijkaard. Dès lors, il n’est guère surprenant que ces dernières années, la Viola et la Louve aient pratiqué le football le plus chic du Vieux Continent avec le Barça.

Luciano Spalletti – Architecte et bâtisseur du temple du beau jeu romanista, Luciano aura contribué à révolutionner le jeu de Totti tout en permettant à la Roma de déployer ses ailes et à Alessandro Mancini de se révéler en dépit d’une sous-exposition assez scandaleuse chez les Cariocas.
Cesare Prandelli – Apôtre de la classe, du respect et du fair-play (les haies d’honneur aux adversaires en fin de matc, c’est lui), Michel-Ange d’un football offensif chiadé,  il a fait de la Fiorentina une oeuvre d’art et un modèle pour toute l’Europe. En même temps, Florence c’est quand même la ville des Maîtres de la Renaissance hein ! Elu coach de l’année en 2007 et 2008 par ses pairs, il aurait dû prendre les rênes de la Roma à la placede Spalletti mais avait dû renoncer pour rester aux côtés de sa femme malade.

Les footballeurs

Ezequiel LavezziSon of Diego. Grâce à son sens du jeu, du collectif, son inspiration, son adresse des deux pieds, sa vitesse et son tir sec et puissant, El Pocho déchaîne les passions chez les Parthénopéens comme El Diez avant lui. Considéré comme l’une des next big things du ballon rond, il ne devrait cependant pas faire long feu du côté du Stade San Paolo où il a pourtant prolongé jusqu’en 2013.
Mario Balotelli – Nero è bello ! Le talent et le potentiel de Turbo Mario en font l’un des grands espoirs de la Squadra Azzura mais aussi de l’Inter où Mou est en permanence sur son dos, critiquant vertement son arrogance et plus généralement son attitude sur et en dehors du pré. Du coup, plusieurs mastodontes européens sont déjà sur la bonne affaire.
Marek Hamsik – Une anecdote en dit long sur la place occupée par le Slovaque dans le palpitant des tifosi Napolitains. Il y a quelques mois, il se fait chaparder sa montre. Quelques jours plus tard, des supporters du club la déposent dans un commissariat de la ville. A part ça, ce milieu de terrain possède une remarquable intelligence de jeu, un toucher de balle assez génial et ne rechigne pas à défendre. Que demande le peuple ? 


Mauro Zarate
– Comparé un peu précipitemment à Messi par une presse italienne qui n’a jamais été réputée pour sa demi-mesure, Mauro est génial parce qu’il est lui. Attaquant très technique et excellent passeur, il a une bonne vision du jeu, sait garder le ballon sans reculer et possède un sang-froid admirable devant les bois ce qui met en émois la Serie A. Keep an eye on him.
PatoN’est pas un canard ! Dans l’indifférence la plus totale, la nouvelle étoile du foot carioca accomplit sa profétie : devenir la nouvelle pièce maitresse du Milan AC en empilant les buts comme les égyptiens empilaient les blocs de pierre dans les pyramides. Déjà 14 pions claqués en 30 matchs cette saison. Grazie à son sens du but, son jeu de tête, sa vitesse, sa technique et son toucher de balle.
Diego Milito – C’est pour le but qu’il milite. Back au Genoa, où il a fait ses débuts européens, après 3 ans, 51 pions et une relégation avec le Real Saragosse, le cadet des Milito Brothers confirme qu’il est bien l’un des meilleurs canonieri d’Europe. Ses 16 bullseye en 25 matchs ne sont pas étranger à l’excellente saison du Genoa, en route pour le tour préliminaire de la Champion’s.
Antonio Cassano : Profession foutballeur – De retour en Italie après un passage cauchemardesque à la Maison Blanche, l’ancien de la Roma envoie du bois sur et en dehors du gazon à la Sampdoria. Un born again de la chique pour notre plus grand plaisir.

Evidemment, ce post ne se veut pas exhaustif. Il y a une chiée de jouers supers talentueux et plutôt connus de l’autre côté des Alpes : Ibrahimovic, Mancini, De Rossi, Amauri, Quagliarella, Di Natale, Totti ou encore Gattuso pour ne citer que ceux que je préfère, mais fallait bien faire un choix non ?

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