Commentaires, le Sida du web


Contrairement à ce que prêche avec morgue le porte-flingue sarkozyste Frédéric Lefèbvre dans ses élucubrations sécurito-réactionnaire, les mafias, les pédophiles, les terroristes, les Chinois et autres Méphistophélès 2.0 ne sont pas les principaux dangers qui guettent le web et menacent d’engloutir l’humanité dans les abymes du stupre et de la délinquance.

Le Sida du web, ce sont les internautes eux-mêmes. Pas parce qu’ils téléchargent, ou qu’ils draguent des ptits fions de 15 sur des tchats pour ados dans l’espoir de bignoler de la miche de serin; ce n’est pas non plus parce que la plupart des jouvenceaux y apprennent les joies de l’entrecuisse ou parce que racisme, antisémitisme et modélisme sont à portée de clics, tels des fusils à pompe chargés dans une foire aux armes du Texas.

Non si les internautes sont une menace pour le web 2.0, c’est à cause de la liberté d’expression pleine, entière et anonyme dont ils jouissent.

Tout étant matière à « lachez vos coms » pour faire grimper les courbes Nielsen, nous voilà face à un grouillement de connards qui donnent leurs avis sur tout et rien (comme si on en avait quelque chose à foutre) et philosophent tel Francis Lalanne sur des sujets qu’ils maitrisent autant que la dépigmentation des geckos à bord de la station MIR ou le calibrage des bananes de Guadeloupe pour le marché panaméen. J’ai turbiné assez longtemps sur un site web grand ouvert aux commentaires anonymes, pour savoir que lorsqu’on leur offre toute latitude pour donner leur avis, les gens en profitent essentiellement pour dire de la merde et mettre en exergue leur beauferie et leur inculture.

Pourquoi ? Parce que le moindre espace d’expression disponible devient une sortie de secours du quotidien médiocre, une caisse de résonance pour les sans-voix (qui ne le sont pas toujours pour de mauvaises raisons hein). Evidemment, ça a ses avantages. A condition d’éviter les sites les plus populos, sur lesquels les échanges constructifs sont aussi rares que les balconnets 95D dans la garde-robe de Keira Knigtley ou les grattes ciel construits en Duplo à Manhattan. Les gens ne « s’écoutent » pas. Ils se regardent parler et ne prennent en compte les opinions de leurs interlocuteurs que pour nourrir le feu de leurs idées.

Le commentaire est devenu le véhicule de toutes les frustrations, des déceptions, des idées pas jojo que la société et sa consensualité imposent de taire. Ca m’a bondit aux yeux à l’occasion de la dernière présidentielle au cours de laquelle j’ai constaté avec effarement que les internautes, y compris les jeunes de la génération skyblog, affichaient sans honte (et en langage SMS) intolérance, islamophobie, sécuritarisme, conservatisme  et autres joyeusetés apparemment bien parties pour polluer le débat politique encore longtemps.
De la même façon, je n’ai jamais vu des gens de droite aussi agressifs, méprisants, réactionnaires et pavaneurs que sur le web. Force est de le constater, dans ce qu’on appelle « la vraie vie« , ils ont plus tendance à mettre leur claque-merde en sourdine. De peur qu’on les tape certainement. Pas folles les guêpes.
Ah les joies du commentaire anonyme…

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3 Commentaires

Classé dans Internet / Web 2.0

3 réponses à “Commentaires, le Sida du web

  1. Jayhova

    Il va de soi qu’en parlant d’anonymat, je ne parle pas du web en général mais des commentaires en particulier et de leur anonymat vis à vis des autres internautes.

  2. Pingback: Jay-Z victime du Sida du web « Rien à foutre

  3. Pingback: Laissez des coms !!!!! (xpdr) « Rien à foutre

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