Wolverine incognito


Wolverine

Typiquement le petit blockbuster pré-estival qui ne marquera pas les esprits. Ni bon, ni spécialement mauvais. Ni immanquable, ni à manquer. Un film d’appoint pour meubler les grilles de sortie des studios avant l’été.

Permettez moi un petit écart en Suisse à l’attention de mes camarades scribouillards : arrêtez les jeux de mots avec loup quand vous causez de « Wolverine » parce qu’en vrai, ça veut dire carcajou. Voilà. Peut-être qu’il y a des trucs à faire de ce côté là aussi hein, sait-on jamais, mais rayon canidé faut arrêter maintenant.

Pour en revenir au film, il est handicapé par un problème de rythme. Peut-être parce que, comme le suggère le titre X-Men Origins, il ne s’agit que d’un aparté dans la saga des super-mutants alors que le perso de Wolverine aurait mérité un approfondissement en plusieurs films. Né immortel au milieu du XIXe siècle, Logan n’a rien trouvé de mieux à faire que d’aller se mouiller dans toutes les grandes guerres qui ont fait la nation américaine, de la Sécession au Vietnam. Du coup, j’aurai kiffé le voir traverser la grande Histoire avec ses supers-pouvoirs et son frangin fêlé. En fait, le générique aurait dû être la bande-annonce du film. Là ça aurait eu de la gueule et ça aurait été passionnant.

Ca aurait aussi permis à Gavin Hood de réaliser un film moins bâtard. En effet, le sud-africain rame comme un galérien pour introduire des persos propres à la mythologie Wolverine tout en se raccrochant aux branches de l’arbre X-Men, jalonnant le film de références à la trilogie, sans doute pour ne pas désappointer le spectateur lambada. Le hic, c’est que c’est souvent sans intérêt et que ça tombe comme un poil de nez dans la citronnade. Surtout qu’à l’inverse d’un « Iron Man« , ça se prend très au sérieux parce que faussement introspectif.

Plus fâcheux, ça manque de souffle et les effets spéciaux sont souvent foirés,  la faute à des incrustations visibles comme un porte-avion sur le Champ de Mars.

En revanche, côté casting, Gavin Hood a plus ou moins tout bon. Dommage qu’il le sacrifie au profit de son personnage principal. En parlant du loup (pas de jeux de mots, souvenez-vous… Le carcajou…), passons sur Hugh Jackman, égal à lui même, et qu’il ne pouvait de toute façon pas bazarder, et sur Ryan Reynolds pour qui j’ai une affection irraisonnée ET totalement asexuée. Saluons en revanche le toujours excellent Liev Schreiber, l’injustement méconnu mais impeccable Danny Huston et les révélations Will.I.Am et Taylor Kitsch, tous deux convaincants.

Rayons nouveaux persos, Wolverine aura au moins permis d’introduire Gambit, un mutant un peu rebelle et plutôt cool et le potentiellement retentissant Deadpool. Le premier est en friche, le second est totalement sous-exploité voire même un peu raté. Il y a de quoi faire. Marvel ayant lancé son propre studio il y a quelques années, gageons qu’après avoir mis une franchise en orbite pour chaque héros maison, ils ne tarderont pas à s’attaquer à la foultitude de personnages secondaires de leur univers. Tant mieux.

Un grand pouvoir impliquant de grandes responsabilités, on ne peut souhaiter autre chose qu’un succès à Wolverine. Le contraire mettrait en péril le très prometteur spin-off sur le personnage de Magneto, dans les tiroirs depuis quelques années et programmé pour 2011.

Incognito

La surprise ciné de la semaine, c’est « Incognito » d’Eric Lavaine avec Jocelyn Quivrin, Bénabar et Dubosc. Uncle Hov’ vous refile cinq bonnes raisons d’y aller :

– C’est scénaristiquement drôle. Pas comme Coco.
– Dubosc a gardé le squelette de son personnage, mais l’a rempli d’une autre chair. Pour une fois, il est donc franchement fendard.
– François Damiens et Virginie Hocq. On reconnaît les bons au fait qu’ils savent se contenter de quelques plans pour donner la pleine mesure de leur talent.
– Bénabar est meilleur acteur que chanteur. Et pourtant il joue un chanteur. De variet’ et avec une affreuse teinture qui plus est. Rendez-vous compte, il est convaincant au point que même lorsqu’il chante, on n’a pas envie de l’accrocher par la ceinture aux pales d’un hélicoptère dans le prochain tour de force pyrotechnique de Michael Bay.
– La morale finale, sans être assenée à coups de gourdin, est touchante. Yolande Moreau n’a pas volé ses compressions.

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2 Commentaires

Classé dans Cinéma, Critique

2 réponses à “Wolverine incognito

  1. Fab

    Il est amoureux de Ryan-euh !

  2. Jayhova

    Mais euuuuuh !

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