Ira brevis furor est


« La lâcheté est l’un des défauts les mieux partagés de l’humanité« . Typiquement le genre de salade boursouflée vendue par un plumitif à l’inspiration branlante ou un vieux sage façon Miyagi dans « Karaté Kid« .

Piapiapia dans ton corps ouais ! « Lâcheté » ne devrait même pas exister. Antonyme de courage, il banalise celui-ci, et l’enferme dans la petite boîte étriquée de la normalité. Mais nom d’un p’tit cheval à bascule, être courageux, ce n’est pas la norme ! It’s a hell of a quality qui distingue les héros du commun des mortels !
L’absence de courage ne saurait donc être considérée comme un défaut, c’est juste manquer d’une qualité hautement admirable.

Mes anciens collègues ne sont donc pas des lâches, c’est juste qu’ils ne sont pas courageux. En même temps c’est pas très grave, le courage est utile quand on est pompiers, journaliste d’investigation à Novaïa Gazeta ou attaquant du Barça face aux braconniers de Chelsea, beaucoup moins quand on est rédacteur santé, traducteur de news ou aspirant CDI.
Seulement voilà, tout un chacun aimerait se persuader que s’il avait vécu l’occupation allemande, il aurait si ce n’est pris le maquis, au moins sauvé des enfants juifs. Du coup, quand il y a une possibilité de faire reluire son courage, peu nombreux sont ceux qui s’en privent.

Avant que mon patron ne me demande d’aller voir si l’herbe n’était pas plus verte au Pôle Emploi, mes collègues et moi nous promettions soutien, serrage de coudes, langues déliées et blowjobs en option, si d’aventure l’un d’entre nous se voyait indiqué le billot. Vous vous en doutez, la hache prête à s’abattre sur mon cou, il n’en fut rien.

Je leur ai pourtant tendu des perches pour leur permettre de devenir des Jean Moulin des temps modernes, mais après mon entretien préalable au licenciement, silence de mort. Pas de nouvelles, pas de réponses à mes mails, pas de coup de fil, pas de soutien alors que sans entrer dans les détails, ça m’aurait quand même bien aidé. En plus s’ils avaient assumé ne pas avoir le courage de me lancer une bouée, je ne leur aurais pas foutu une soupière en travers de la carafe. Leur « intégrisme physique » n’était pas menacé. Déçu j’aurais été certes, mais moins, puisque le courage d’être honnêtes ils auraient eu.

Attirés par l’odeur du sang, tel l’automobiliste qui ralentit quand il voit de la tôle froissée sur le bas côté de la Nationale, ils sont venus aux nouvelles sitôt mon licenciement signé et effectif. Soit environ une dizaine de jours après l’entretien préalable.
Comme je suis plutôt du genre rancunier, j’ai à mon tour joué le trépassé pendant une quinzaine de jours avant de revenir à de meilleures sentiments.

En bon Chrétien que je suis, je pense pouvoir dire que j’ai pardonné. Pour autant, j’en ai tiré quelques enseignements :

Do not merge friends and colleagues. Le collègue a beau rire de tes blagues, te payer un capuccino à la machine à café de temps en temps voire même te ramener à ta tanière après le turbin, il n’en demeure pas moins qu’il n’a pas spécialement choisi d’être là avec toi et qu’il fera toujours passer son avenir professionnel après l’open space friendship qui vous uni.

Between the boss’ and yours, colleagues will always suck your boss’ cock even if it’s less tasty. Quoi qu’ils disent, tes collègues ne monteront jamais sur leurs bureaux pour s’opposer à l’ordre établi et au chef en te soutenant. A moins de faire partie d’un syndicat, ne les attends pas pour organiser ta défense et faire des sit-in sur le parking de la boîte.

Do not trust anyone, except close friends and family. Le collègue n’étant pas un ami, ne te sens pas obligé de le croire quand il te dit qu’il se fout pas mal de cette « promo » que le boss (qui a planché sur « L’art de la guerre » dans son école de commerce) lui agite sous le museau.

Be wise. Fais en sorte que chacun te croit de son côté en veillant à rester du tien avant tout. Ménage les susceptibilités, mais surtout ne soit pas hypocrite sinon des gars un peu à dada sur certains principes, tels que moi, écriront des articles pas cools sur ta face.

Last but not least : méfie toi toujours de ceux qui disent avec un air d’Hugo Chavez « Oh mais moi j’ai pas peur de dire ce que j’pense hein« .

Publicités

2 Commentaires

Classé dans Me, myself & aïe !

2 réponses à “Ira brevis furor est

  1. Fab

    J’ai envie de citer JJ Goldman « Et si j’étais né en 17 à Leidenstadt » etc etc :]

  2. Jayhova

    Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens ?

    On ne peut pas dire, une chose est sûre cependant, je ne me serais pas engagé à faire des choses que je ne me savais pas capable de faire. Je ne peux pas rentrer dans le détail ici, mais je te raconterais un de ces quatre…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s