Risky BIZNESS


Le relatif manque de considération des critiques et d’une partie des cinéphiles pour Brad Pitt me laisse pantois.Pour lustrer les asticots de Johnny Depp, Philip Seymour Hoffman ou Sean Penn y’a du people au bananier, mais pour rendre à Cheetah sa banane, plus grand monde. Dire que Brad Pitt est l’un des meilleurs acteurs de sa génération est même limite inattendu.

Tamponné beau gosse dès son premier grand rôle dans « Thelma & Louise« , celui qui a distribué des tracts dans un costume de poulet quand il est arrivé à Hollywood n’a jamais cessé depuis de se décarcasser pour se défaire de cette image économiquement pratique mais professionnellement handicapante.

On dira ce qu’on veut, mais aucune star qui chatouille ne serait-ce qu’un peu son incroyable côté de popularité ne prend autant de risques que Brad Pitt. A la limite Johnny Depp et encore. Ses rôles, ses films et ses réals tendent tous  à démontrer que le futur Lt Aldo Raine navigue dans des eaux plus troubles et agitées que Will Smith, George Clooney, Tom Cruise et le reste de la fine équipe. On a jamais vu une superstar bankable avec une filmo aussi classy.

Son image, Brad s’en tamponne. Au contraire, il aime la martyriser en s’enlaidissant à la moindre occasion ou en se glissant dans les frusques de personnages décalés et pas très recommandables.
Retour rapide sur sa filmo, ou pourquoi Brad Pitt est le meilleur acteur du monde.

Kalifornia : sa première bifurcation borderline, Brad la prend à l’orée de sa carrière en campant un serial-killer sauvage à mille lieues des rôles bon chic dents blanches de « Thelma & Louise » et « Au milieu coule une rivière« . Échec public et artistique, mais au moins le ton est donné pour la suite.

True Romance : histoire d’appuyer sa volonté de ne pas se laisser claquemurer dans des rôles à la early Tom Cruise, le young gun interprète un tox’ adepte du couch-surfing. Un second rôle tellement marquant que 15 ans plus tard, il inspirera Judd Apatow pour le rôle de James Franco dans « Délire Express« . Classe.

Se7en : pour son premier gros succès au box-office en tant que tête d’affiche, Brad Pitt ne vend pas son cul et donne la note de ce que sera sa carrière. Un film ambitieux et culte dans lequel il tient la dragée haute à un sacré vieux routard, Morgan Freeman himself.

L’Armée des Douze Singes : le plus barré de ses rôles. Survolté, déjanté, halluciné, il tutoie les sommets. Ceci étant, le simple fait que Terry Gilliam ait fait appel à lui en dit long sur son talent et son image. Deux films cultes en une année. Yeah.

Sleepers : victime d’un tortionnaire sadique dans sa jeunesse agitée, Brad prépare sa vengeance sans clins d’oeil 33 tonnes vers l’Académie des Oscars. Une affaire d’enfance maltraitée sans quémander une récompense ? Pas un ponte d’Hollywood n’aurait accepté. Mais Brad a des couilles. Word Up.

Ennemis Rapprochés : très tôt dans sa carrière, Brad Pitt s’est frotté à un rôle de bad guy, Graal ciné de 80% des movies stars. Tom Cruise lui, aura attendu 23 ans et « Collateral« . Dommage que le film de Pakula soit un actionner daubesque.

Sept Ans au Tibet : a priori rien de particulièrement risqué dans cette histoire vraie sauf que… Brad est un alpiniste autrichien accessoirement officier nazi évadé d’un camp de prisonniers de l’armée britannique, ce qui ne sera pas sans causer quelques remous à la sortie du film.

Fight Club : un rôle de leader anarcho-terroriste dangereusement nihiliste au pays du capitalisme ? Y’a-t-il vraiment besoin de vous faire un dessin ? La violence des réactions négatives, compilées dans le livret qui accompagne le DVD collector du film, ne laisse pas la moindre place au doute : culte dès sa sortie. Tyler Durden est devenu l’un des personnage de fiction les plus emblématiques de ces 15 dernières années.

Snatch : preuve de son amour pour les rôles décalés et les films hors sentiers battus, Brad joue un pugiliste gitan dans le film d’un jeune réal foutrement talentueux, Guy Ritchie. Mal coiffé, pas rasé, couvert de tatouages particulièrement laids et sapé comme un beauf en voie de clochardisation, combien de fois faudra-t-il vous répéter que son image, Brad Pitt s’en scarifie les coudes ?!

L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford : quand Brad Pitt veut faire comme tout le monde et gratter son oscar, il ne se sent pas obligé de convoquer tout le pathos du monde à la mode de Will Smith dans « A la recherche du bonheur » ou le nullisime « 7 vies« . Il préfère une composition tout en nuances dans un western poétique, élégiaque, contemplatif et finalement aussi facile à vendre qu’un jambon beurre à un islamiste au régime.

Burn After Reading : interpréter un débile fini dans une pure comédie, quoi de mieux pour secouer son image  de papa poule sexy et rester fresh ? Prochain défi, tourner dans une production Apatow.

Inglourious Basterds : un film de QT ne saurait être considéré comme un gros risque, mais quand on zieute la bande-annonce, on se dit déjà qu’une palanquée d’acteurs de la A-List auraient dit non juste pour éviter les polémiques qui pointent déjà à l’horizon et demeurer de gentils gendres idéals dans l’imaginaire collectif. Brad Pitt s’en fout.

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Classé dans Cinéma

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