Write round / Pour être livre


[Le billet qui suit a été entièrement branlé à la Jay-Z pendant que je galopais pour être le plus bel étalon cet été.
Comme Biggie, Jigga a cette particularité de ne jamais allonger sur papier ses lyrics, en plus d’être plutôt noir et de venir de Brooklyn. Il met un CD de beats dans sa tire et il compose ses futures classiques dans son caberlot. Puis il entre dans la cabine d’enregistrement et envoie du bois. 9 fois sur 10 ça claque. Pas de brouillon pour moi non plus donc. C’est du brut. Par contre, la claque n’est pas garantie.
]

J’ai envie d’écrire un bouquin et d’être publié. En livre de poche de préférence parce que j’aime pas les gros bouquins. Esthétiquement je trouve ça laid et même si c’est un peu futile, surtout pour un livre, la présentation c’est important. En plus les nanas, qui c’est bien connu lisent plus que les gaillards, ne peuvent pas fourrer un grand bouquin dans leurs sacs à main. En fait si puisqu’elles peuvent se trimballer Elle et ses 253 pages clonées ad nauseam mois après mois. C’est de la merde ce que je raconte. Dossier suivant.

Ecrire un bon livre et être publié me tarabuste depuis un moment. Bizarrement, je ne lis pas autant de bouquins que je vois de films et même si c’est très con parce que ça n’a rien à voir, je préfère une bonne toile à un bon bouquin. Pourtant, l’idée de taquiner la caméra ne m’a jamais effleuré. De temps en temps des envies de scénario prennent l’hémisphère projet de mon encéphale en otage, mais ça ne dure jamais longtemps parce que je ne vois pas le plaisir qu’on peut tirer de l’exercice sauf si on joue à Fincher dans sa tête tout en crayonnant. Et dans ce cas, la satisfaction finale du travail bien fait peut-être foutue en l’air parce qu’à l’arrivée, l’œuvre finie n’a aucune chance de ressembler à la bobine mise en scène dans votre caboche.
Peut être que je dis ça parce que je manque encore de maturité pour faire des compromis ou accepter que mon travail ne soit  que la matière première de l’oeuvre d’un autre.

Si j’écris un livre, j’aimerais mettre un tas de références pop dedans. Assez discrètement pour que ça ne fasse pas « je suis le Tarantino de la littérature« , mais assez distinctement pour ne pas qu’on dise que j’ai torché une daube onaniste et autocentrée. Faudrait que je trouve un concept qui me fasse délirer, disséminer une chanson entière, longue et pas connue de Bob Dylan dans mon livre par exemple. Les journalistes et les nerds vireraient gogols à traquer les lyrics. Ou alors disserter quinze pages durant sur l’excellence de « The Shield » par le biais d’un des personnages de mon roman.

Ah bah oui ! Je l’ai pas dit mais ça serait évidemment une fiction. Si j’avais voulu faire un livre sur la rivalité des Algonquins et des Iroquois dans le commerce de la fourrure, j’aurai été jusqu’au doctorat. Si j’avais voulu cuisiner un livre de recettes, je me serai appelé Jamie Oliver.

Avertissement à ceux qui sont sensibles à la moindre goutte de bons sentiments comme la plupart d’entre nous l’est au curare : ce qui vient va dégouliner. Mais juste un peu.

Mon goût pour la lecture et l’écriture a été nourri par deux chouettes profs qui ont marqué ma scolarité en domptant avec adresse le fieffé gredin que j’étais. Il y a eu Mme Bartholo, qui fut ma prof de français au collège, et Monsieur Garceau, prof de lettres au lycée aujourd’hui disparu. En cette période de Festival de Cannes, il convient de rappeler en guise d’hommage que pour ce nomenclatores poil à gratter, « Isabelle Huppert n’était ni une femme, ni une actrice« . Avec des sentences si définitives, vous comprendrez son influence sur ma personne.
A Mme Bartholo et Mr Garceau je veillerai à rendre hommage dans mon livre en évitant de dire merde au français et à ses plus illustres représentants. Tous les écrivains citent des auteurs hype comme influence, mais au fond, on vient tous de Zola, Hugo et le reste de la fine équipe.

Un autre truc important. Peu importe le sujet, il faudra une pépée nue en couv’. De un parce que ça vend, de deux parce qu’il n’y a rien de plus beau qu’une dame en petit Saint-Jean, de trois parce qu’il n’y a pas de raisons que les S.A.S aient l’exclu du nu en littérature, surtout avec des couvertures si vilaines. Si ma copine accepte, ça sera parfait. Sinon je me contenterai de Rachel Weisz, Jessica Biel ou Jennifer Aniston.
Dans le genre considérations trivialement anecdotiques, j’insiste aussi pour que mon livre soit épais afin de répondre au mieux à l’adage si cher aux fans de John Holmes, « plus c’est long, plus c’est bon« .

Quant à savoir quelle famille d’écrivains bérêt baguette new generation j’aspire à rejoindre, à défaut d’aucune je dirais celle de Beigbeder. Même si son côté dandy branchouille/serial noceur a tendance à m’échauffer la bile, j’aime bien sa plume et l’auto-dérision dont il est capable. Pas comme Bobogaudeau, insupportable de pédantisme.
Si on me flanque entre Gavalda et Musso, j’écrirai un pamphlet porno avec Mahomet en personnage principal, je laisserai mon adresse à la fin et j’attendrai mon colis.

Inutile de tirer des plans sur la funeste comète. J’ai quelques pitchs en stock, mais rien d’assez fort pour me lancer. De toute façon, je ne suis pas prêt. Ecrire un livre aujourd’hui, reviendrait à essayer de rallier Johannesburg à cheval sur un cochon. Pénible, inconscient et un peu con.
Il y a tellement d’auteurs essentiels que je ne connais pas, d’œuvres fondatrices que je n’ai pas bouquiné, de graines que je n’ai pas pris. Je suis le premier à m’étonner que depuis « Elle m’appelait Miette » de Loana, tout un chacun peut s’improviser gendelettre avec le concours d’un nègre, même mauvais. Je n’aurai pas cette prétention c’est sûr, mais aurai-je les balustrines de me lancer ?

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Classé dans Lecture, Me, myself & aïe !

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