Les fils de l’homme disent : « Good Morning Star Trek » !


Good Morning England

A fucking chouette film. La preuve qu’il existe un autre sillon que celui creusé par Apatow et le Frat Pack pour semer des comédies très drôles et très brillantes.
Comme on n’a pas l’habitude en France des comédies réalisées sans foutre de la merde partout, commençons par la mise en scène.

Une mise en scène discrète et intelligente qui repose sur deux idées principales à la fois d’une simplicité enfantine et d’un brio achevé. La première consiste à intégrer Radio Rock dans le quotidien des auditeurs que l’on voit réagir aux facéties de nos héros.
Dis comme ça, ça peut avoir l’air d’une idée à la mord moi la baguette, mais d’une certaine façon c’était indispensable pour témoigner du rôle sociétal de ces gars isolés sur un bateau en pleine Mer du Nord. Physiquement, ils sont hors de la société britannique des 60’s, mais en réalité, ils ont les deux pieds dedans.

« Good Morning England » n’est pas un juste un hommage admirablement branlé aux radios pirates. C’est aussi une belle déclaration d’amour de Richard Curtis à la musique. Comme n’importe quel être aimé du monde, la musique est donc constamment présente et que ce soit en fond ou au premier plan, c’est toujours appréciable quand ce n’est pas surkiffant.

Côté casting, cinq étoiles. Nick Frost, Kenneth Branagh et Rhys Ifans sont « dhilarants« , Bill Nighy est d’une classe folle et Philip Seymour Hoffman rocks da house. Jusqu’à la fin du film, Mr Oscar est quelque peu outshiné par les sus-mentionnés et par la galerie de seconds rôles au talent cyclopéen. Mais dans la dernière ligne droite, Phil steals the show pour se mettre au diapason de ses collègues. Sa réputation n’est vraiment pas usurpée.

Parmi les reproches faits au film que j’ai pu lire ici ou là, le manque de profondeur des personnages revient souvent. Pour moi, c’est au contraire une qualité. En se gardant de creuser trop profondément dans les petites histoires de ses persos, Curtis permet au film de garder cette légèreté qui fait beaucoup pour le résultat final.

Last but not least, la morale n’est pas assénée à coup de triques et la délicieuse absurdité qui essaime savamment ci et là apporte son cachet « Attention film potentiellement culte » à « Good Morning England« , pour l’instant la meilleure bobine of the year devant OSS 117.

Les Fils de l’Homme

Soirée DVD. J’avais le choix entre « Southland Tales » grand film malade et tarabiscoté de Richard Kelly, « The Big Lebowsky » jamais vu malgré l’estampille culte et « Layer Cake« , bobine british que je sentais plus que bien. « Les Fils de l’Homme » l’a finalement emporté d’un souffle, dans la dernière ligne droite avant la caisse. Heureux choix.

Les films d’anticipation sont plutôt rares de nos jours parce qu’ils impliquent voire même exigent un effort de réalisme. Réaliste, le nouveau film d’Alfonso Cuaron, metteur en scène du meilleur de la saga Potter, l’est.  A n’en pas douter. Jusque dans son personnage principal, interprété par un Clive Owen des grands jours.

La désolation apocalyptique qui imprègne le film est contrebalancée par la folie cocasse du perso de Michael Caine. Le vieil anglais est un monument du 7e art qui semble bien parti pour nous donner l’occasion de savourer son immense talent jusqu’au bout grâce à des réals qui ne le traitent pas comme Robert Duvall. Au même titre que Clint Eastwood, Mike C fait partie du patrimoine et il serait bon qu’on s’en souvienne aussi souvent que pour le papy de « Gran Torino« .
Soulignons aussi l’excellente performance de la star féminine du film, Claire-Hope Ashitey, qui en est aussi la grande révélation puisque « Les fils de l’homme » est son deuxième film (elle en a fait un troisième depuis).

La fin du film justifie à elle seule tout le bien qu’on en dit partout. La scène de guérilla urbaine dans le Sangatte du futur est absolument stupéfiante. Filmée façon reportage de guerre avec sang sur la caméra et tout, on a rarement vu mieux en matière d’immersion au cinéma. Il faudrait montrer la bobine à Paul Greengrass, histoire qu’il constate de visu qu’immersion dans l’action et shaky cam ne vont pas forcément de pair comme Dupont et Dupond.

Un excellent film qui ne fait pas de prisonniers et encore moins de compromis tant Cuaron va au bout de ses idées. A voir si vous en avez l’occasion (le DVD collector, par ailleurs très bon, est soldé partout. No excuses).

Star Trek

Fondateur de la mythologie geek… bla bla bla. Vulgarisation… cause toujours tu m’intéresses. Univers culte et vénéré… mon cul sur la commode.

On a lu ce genre d’intro en carton 1033 fois depuis la sortie du reboot de la franchise par JJ Abrams. Ce qu’on n’a pas lu en revanche, c’est que « Star Trek » est le meilleur film de science fiction arrivé jusqu’à nous depuis une paye.

Il faut dire que celui qu’on devrait cessé d’appeler Mr Lost, parce que Carlton Cuse et Damon Lindeloff se cognent tout le boulot, n’a pas ménagé ses efforts pour rendre de sa superbe à une franchise en déliquescence après quelques nanards qui lui avait fait boire la tasse.

Le point de départ pose les bases de l’affaire. Pour ne pas qu’on l’accuse d’un reboot opportuniste, JJ Abrams décide de raconter les origines de la fine équipe de l’USS Enterprise mais dans une réalité parallèle. Malin l’animal.
Contrairement à de nombreux films d’exposition (« Batman Begins » ou « Iron Man » pour ne citer qu’eux), « Star Trek » ne souffre d’aucune longueur dans le récit de l’origine de ses personnages. A vraie dire, on en vient tellement vite au coeur de l’affaire qu’on a parfois l’impression d’assister à une longue scène finale tellement c’est intense.

La beauté stupéfiante de certains plans spaciaux démontre par ailleurs que JJ Abrams peut aussi exceller dans la mise en image de ses idées. Il y a notamment cette scène où trois de nos héros sont largués en chute libre depuis l’espace le long d’une foreuse. Le son s’estompe jusqu’à disparaître totalement (visiblement, dans l’espace non seulement personne ne vous entendra crier, mais en plus personne n’entendra rien du tout). Quand les mecs pénètrent dans l’atmosphère de la planète, le bruit de leur respiration est isolé et mis en avant. Une représentation visuelle de la vitesse quasi sensorielle et finaude qui en remontre à « Speed Racer » et ses accelérations sous ecsta. D’ores et déjà l’une des séquences de l’année.

Le casting casse des briques lui aussi. A commencer par Eric Bana qui interprète le méchant bien badass du film. Son meilleur rôle après « Chopper« , mais devant « Munich« . Zachary Quinto, que je ne pouvais pas piffrer quand je perdais mon temps à regarder « Heroes« , est d’un charisme magnétique. Il est Spock et Dieu sait que c’était le rôle le plus casse-gueule a priori. L’autre rôle risky, c’était évidemment celui de James Tiberius Kirk. Personne n’a jamais regardé Star Trek mais tout le monde le connaît. N’importe qui peut donc dire que le nouveau venu Chris Pine est carrément à la hauteur du personnage à qui il donne une incontestable épaisseur sans se prendre au sérieux. Cool, charismatique et beau gosse, il faudra compter sur lui à l’avenir.
Simon Pegg est excellent et paraît incroyablement jeune, Karl Urban trouve ici son meilleur rôle depuis « Les Deux Tours » et Winona Rider se rappelle avec talent au bon souvenir d’Hollywood. Nimoy, l’ancien Spock, est pour sa part d’une classe presque digne de Bill Nighy dans « Good Bye England« . En plus, pour une fois qu’un caméo se justifie…

Le seul défaut du film c’est que les dialogues sont parfois tellement compliqués qu’on y entrave peau de zob quand on n’est pas un Trekkie confirmé. Pour autant, pas un instant on ne décroche, pas une seconde on ne s’ennuie.

Si tous les blockbusters à venir arrivent ne serait-ce qu’aux genoux de ce « Star Trek« , on va avoir une sacré année ciné les enfants.
Les fans de la première heure, qui s’imaginent qu’on fait les films pour eux et qu’on en a quelque chose à foutre de leur gueule, peuvent bien hurler à l’hérésie, ce « Star Trek » est pour l’heure le meilleur blockbuster de l’année et peut-être même le meilleur film yankee.

Bonus Track : Tellement Proches

Je suis emmerdé avec ce film. J’ai tellement de sympathie pour le cast et le film que je ne peux pas putasser dessus mais on the other side, il est tellement brinqueballant que je ne peux pas trop m’étendre sur le sujets sans faire état de ses défauts.

Sachez juste que François-Xavier Demaison vaut tous les Gad Elmaleh de France face caméra, que Vincent Elbaz est excellent et que ce joyeux casting nous offre de pures moments de délires.

PS : après « Nos Jours Heureux« , Tolledano et Nakache démontrent une nouvelle fois qu’ils sont les seuls  en France à avoir l’oeil pour choisir de bons enfants acteurs.

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Classé dans Cinéma, Critique

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