Petits boulots


Mon bro’ me doit 175 boules. Depuis six mois. C’est chiant mais c’est pas un souci puisque je m’y étais préparé. En plus, je sais que Monsieur mon frère n’est pas Mike Scofield et qu’il ne mettra pas cap sur le Panama pour éviter de me rembourser. Pas besoin d’appeler un huissier donc.
S’il n’a pas encore réglé sa dette c’est parce qu’il doit avoir autant de fric qu’un laveur de pare-brise de Pyongyang. Il ne bosse pas. Pas envie. Il préfère se donner à fond pour ses études et la muscu. Et aussi un peu pour sa gentille girlfriend je pense. C’est complètement con parce qu’avec le recul les jobs étudiants et autres petits boulots, à moins que tu en cumules quatre pour toucher un Smic, offrir des implants capillaires à ta femme et finir de payer ton Opel Corsa, c’est toujours cool.

Quand on est un kid loco, travailler est synonyme d’indépendance financière et de liberté. Tu dépens moins de tes parents pour acheter de la crème Nivea et des places pour les BB Brunes et ça c’est bien.

En ce qui me concerne, ayant un peu tâté de l’intérim, j’ai fait quelques de missions sans véritable nom qualificatif mais pas sans intérêt. Review.


Serveur dans un resto
. An all time classic. Turbiner sous le regard des gens, ça fait une différence. Les zouigs qui attendent leur bectance ne te lâchent pas du regard, espérant à chaque plat qui passe que leur table sera sa destination finale. Du coup, j’aurais pas eu plus de pression si on m’avait demandé de sauver le soldat Ryan.
J’ai pas servi assez longtemps pour avoir des anecdotes poilantes à raconter genre « j’ai pissé dans la soupe » ou « j’ai molardé dans les endives« , par contre j’ai jamais fait autant de bornes sur de si courtes distances. Après trois jours, j’avais les mollets de Lance Armstrong (mais pas de cancer des testicouilles). En revanche, pas assez de pourliches. On devrait forcer les gens à regarder « Reservoir Dogs« .

Le rangement et moi, on n’a jamais pédalé en tandem. Alors un boulot qui consiste à empaqueter le matos d’un cabinet de prothèses dentaires pour un salon spécialisé, c’est un peu comme une formation.
Lors de cette mission, impossible à caser dans un CV car nameless, j’ai fait la connaissance d’une secrétaire accessoirement journaliste freelance clubbeuse et figurante dans « Le baiser mortel du dragon« . De fait, en plus de récupérer plein de dentifrice et de brosses à dents high-tech, j’ai appris que Jet Li était vraiment petit et muet, et Bridget Fonda sympa.

Distribution de magazines. Chaque année, faut se taper la journée de la femme, des maladies vénériennes, des joueurs de maracas ou que sais-je encore pour braquer les spots sur autre chose que l’homme blanc en bonne santé. Y’a deux ans, à l’occasion de la semaine du handicap, j’ai apporté ma pierre à l’édifice propagandiste de bonne conscience du gouvernement en distribuant des magazines Gare Montparnasse pour le compte de la SNCF.
Une chouette expérience. La team était cool, on récupérait des tas de magazines people abandonnés par les voyageurs dans les trains et j’ai vu Sylvain Wiltord, Serge Riaboukine et d’autres Jean Connus. En revanche, les usagers sont aussi désagréables sur les quais que dans les trains, particulièrement quand ils pensent que tu bosses pour la SNCF et qu’ils peuvent se plaindre à toi du retard de leur micheline ou te harponner les noix de coco pour savoir où se trouve la voie E.

Manutentionnaire. Please leave IQ and grey cells at the coat check facilities. Pas tant parce que le job est con comme un œuf d’albatros et répétitif (déballer des chocolats Suisses pour les reconditionner, les remballer et les expédier au Canada), que parce que tes collègues sont juste en dessous  de la grenouille taureau sur l’échelle de l’évolution. Il y a la fille-mère qui vit encore chez la sienne et sue pour payer couches et sorties au Macumba (nan mais suicide toi directement steuplé), le gogol qui cause plus de jantes que s’il bossait à West Coast Customs, la michetonneuse qui jacte et rit comme Sarah Forestier, ou l’indolent qui espère cumuler suffisamment de missions pour toucher les Assedic et pioncer les six prochains mois. Y’avait même un chinois.
Deux jours à garder le silence dans la pénombre afin de ne pas instruire des cons, c’est long. Niveau conscience professionnelle rien à signaler si ce n’est qu’à un moment, un gars a ouvert une boîte et mangé trois chocolats avant de la refermer comme si de rien n’était. Ça aura au moins fait chier un canadien, un moindre mal en réponse aux scies musicales exportées par le pays de la feuille d’érable.

Assistant maternel. Ou la formation « papatience » pendant quatre ans. Les enfants sont une source intarissable de rigolade et de phrases cultes. Fab confirmera. Capables de sortir des trucs sans queue ni tête (« Je suis en moyenne section mais en Corse » ) mais aussi des sentences d’un réalisme implacable (« Tu lui parles pas parce que tu l’as trouve pas belle ? » à propos d’une assistante maternelle dans une autre classe).
J’ai longtemps cru que ça aidait à serrer les meufs de bosser avec des gosses de cinq ans, genre « oh c’est meugnon« . En fait pas du tout. Les meufs intéressantes, ça les titille autant que d’avoir une bouchée à la reine à la place du coude.

Non vraiment, Christo tu devrais prendre un petit boulot.

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