Toute l’histoire de mes ruptures honteuses


Deux mois après le passage du train Chris Waitt en gare de la hype, j’ai enfin vu Toute l’histoire de mes échecs sexuels. Après un petit moment de flottement en début de bobine, j’ai rit comme une poule tout du long même si je n’ai  eu de cesse de m’interroger sur la véracité du projet. Même si je soupçonne Chris d’en avoir rajouté, ça reste très bon et incroyablement couillu parce qu’il faut oser donner une aussi piètre image de soi. On applaudira aussi les belles trouvailles de réalisation (en particulier la scène avec l’ex qui ne veut pas apparaître du tout), suffisamment rares dans un doc’ pour être stabilobossée.

Perso je serais totalement incapable de faire ne serait-ce que la moitié de ce qu’il fait dans le film. D’abord parce que des meufs qui m’ont jeté il n’y en n’a pas tant que ça, et puis parce que huit viagras c’est comme sporgiarsi : pericoloso.
Par contre ce que je peux faire, c’est revenir sur les trois pires largages de nanas dont je me suis rendu coupable. Les filles vous pourrez me caillasser, je prendrai ça comme une expiation.

Je roulais pépère vers mes 16 ans quand j’ai rompu avec Childéric après deux mois de recherches buccales intensives et de cours  privés d’anatomie.
Ça m’a pris comme une envie de nutella. D’un coup j’en ai eu ma claque de sa jalousie, de ses origines bretonnes, de sa tête, de sa cornemuse et de son amour.
Après avoir fait le mort trois jours durant pour réfléchir, j’ai torché une lettre pour lui annoncer que « tout était fini entre nous » (la phrase la plus cliché et donc la plus con de la galaxie). Le hic, c’est que je ne pouvais pas lui remettre en mains propres puisque ça aurait entraîné la discussion que je cherchais à tout prix à éluder. Du coup je lui ai donné rendez-vous un mercredi à midi devant son bahut et j’ai envoyé mon buddy Martin lui remettre la missive. Comme il ne l’aimait pas trop et qu’il est un peu aryen sur les bords, il ne s’est pas fait prier. Pour ne pas qu’elle me voit, je m’étais couché à plat ventre dans le bus. Preuve que le 11 septembre n’était pas encore passé par là, aucun vieux ne m’a imité.

Bizarrement,  black-out total sur ce que j’ ai écrit et sa réponse. Ce dont je me souviens c’est qu’un soir elle a téléphoné chez moi et que comble de la lâcheté, c’est le Colonel Maman qui l’a rembarrée.
Même si c’est aussi classe que de pisser dans une église, je ne regrette pas. D’abord parce que les erreurs n’appartiennent qu’à nous mêmes, ensuite parce qu’il n’y a pas de temps pour les regrets.
Trois ans plus tard je l’ai revue dans la salle d’attente de l’oral d’espagnol du bac. Elle avait le sourire de Chucky et des dreads et ne m’a pas adressé la parole.

Quelques mois plus tard, c’est Miss Dominique que j’ai emballé sans la peser (à vue de pif j’aurai dit un quintal). Aujourd’hui encore, avoir mis les pattes sur Big Mamma est une des plus grosses erreurs stratégiques de ma jeune carrière. Comme si Ronaldinho avait choisi de rester au PSG. Déjà parce qu’elle était aussi attirante qu’un baril de pétrole, ensuite parce qu’elle exhalait le vestiaire H24, ce qui était affreusement désagréable. En plus j’avais une autre nana en vue et à cause du too big booty de Miss Dominique je ne la voyais plus trop, au propre comme au figuré.

Au retour de Lourdes j’ai fait le mort. Comme un hérisson (rassurez-vous je ne vais pas commencer à causer du bestiaux telle l’insupportable gosse de la BA du film avec Balasko).
Mais après quelques temps, BAM ! Assault on precinct 13 again ! Fuck ! Elle m’appelle chez moi et commence à m’expliquer qu’elle va changer de lycée et qu’on ne se verra plus et bla bla bla. « Qu’est-ce que ça peut bien me foutre ? Arrête de m’appeler ! Je te file le numéro de SOS amitié si tu veux« . Esprit d’escalier oblige, je ne lui ai rien dit de tel évidemment. Heureusement d’ailleurs, parce que les répliques de l’adolescence sont toujours d’un mongolisme achevé.

Pour me défaire de Fat Ass, j’ai appelé mon précieux alter-ego Mytho-Man à la rescousse lequel a longtemps été dans la place pour me tirer de tous les mauvais pas.

Alors qu’elle se faisait de plus en plus pressante quant à l’avenir de ce qu’elle pensait être notre relation, je lui apprend entre deux cours  que je vais m’installer en Espagne avec ma famille. Toute chamboulée elle me propose un dernier coup pour la route. Preuve que quand je ne veux pas je ne veux pas, je lui ai rétorqué que je venais juste de me faire circonscire.

Last but not least Marjolaine. C’est mon dernier coup de salope. J’avais 18 ans et franchement je l’aimais beaucoup. Elle était gentille, douce et mignonne mais j’étais miro parce qu’avec le recul je me rends compte qu’elle avait plus de boutons sur la face qu’une calculatrice de la Nasa.

Un jour en sortant du lycée, on s’est posés sur un banc en attendant le 46. Trois heures plus tard on était toujours là, sa main dans mes cheveux, ma tête sur ses cuisses. On est si über-cools quand on est jeunes qu’on s’allonge n’importe où sans se rendre compte que ça fait juste clochard. Passons.

180 minutes durant je l’ai écoutée, détendu et content puis patatras ! Elle commence à jacter de son épagneul breton. Six mois après son trépas elle ne s’en remet pas. Il lui arrive de pleurer. Elle ne sait pas si elle peut gérer une relation vu les circonstances.

Puis elle me dit qu’elle a des photos de l’animal dans sa chambre. Plusieurs. Ça m’a ôté toute envie d’y mettre les pieds. Après ça, j’ai mis de la distance entre nous. Pour finir par ne plus lui adresser du tout la parole pendant deux ans alors qu’on était dans la même classe.

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Classé dans Me, myself & aïe !

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