Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé : une longue critique pour un long film


Caution : Ne me souvenant plus trop du livre, toute référence au bouquin baignera dans l’apeuprisme.

« Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé » est un loooooooooooooooooooong métrage sur le bouillonnement hormonal et les premiers émois d’adolescents, qui se trouvent aussi être des sorciers, 95% action free. La raison est simple, il s’agit d’un film d’exposition pensé pour mettre en place tous les éléments indispensables à la fin en deux parties des aventures du petit sorcier devenu grand.

A part si vous considérez courir dans les hautes herbes, cramer une bicoque, faire exploser des fenêtres et éteindre des bougies comme des scènes d’action, il n’y en n’a pas dans cet antépénultième Harry Potter. Ou alors autant que dans la bande-annonce de Whatever works.

Une fois qu’on a intégré ça et digéré sa déception (en 7h06 de film ce n’est pas le temps qui manque), heureusement que la bobine est plutôt drôle et que la fine équipe des acteurs est excellente, de Jim Broadbent à Michael Gambon, en passant par Alan Rickman (définitivement trop rare) et Helena Bonham Carter.

Pour ce qui est des jeunots on va dans le bon sens, celui du progrès. Daniel Radcliffe ressemble un peu plus à un vrai comédien (la scène où il boit la potion de chance révèle un vrai potentiel comique même si elle ne va vraiment pas assez loin); Emma Watson est, et j’espère que vous m’en excuserez, bonne dans tous les sens du terme; Rupert Grint est le meilleur jeune acteur du film comme depuis le début et Tom Felton, qui interprète un Drago Malfoy laid en mode Jeunesses Hitlériennes, est un méchant de plus en plus convaincant même s’il vaudrait mieux pour sa crédibilité de bad guy qu’il arrête de chouiner comme une gamine.
Mention spéciale à Evanna Lynch, qui met toute sa bizarrerie au service du personnage loufoque et un rien psychotique de Luna Lovegood.

Rayon mise en scène, on frôle le 10/10. Fidèle au parti pris visuel initié par Alfonso Cuaron dans Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, David Yates sait où il va visuellement parlant et assure dans les grandes largeurs ce qui lui permet de transcender les rares scènes de suspense du film.

Avant-hier je me suis renvoyé Harry Potter et la Coupe de Feu ainsi qu’Harry Potter et l’Ordre du Phoenix. Malgré une qualité incontestablement supérieure à tous les copycats genre Le secret de Terabitha, Les Chroniques de Spiderwick ou La croisée des mondes, la saga cinématographique Potter ne s’élève jamais à la hauteur de l’œuvre de JK Rowling qui constitue, quoi qu’en pensent les intellos sarcastiques de mes boules, de la littérature jeunesse de haute volée.

Les ellipses et les coupes sont toujours frustrantes mais indispensables quand à l’adaptation sur grand écran d’une œuvre littéraire (à moins d’être un intégriste comme Robert Rodriguez ou pire, Zach Snyder). Malheureusement, dans Harry Potter elles sont souvent moisies. Quand les scénaristes font le choix de l’action, ils squeezent l’essentiel des riches relations inter-personnages ainsi que le foisonnant univers mis en place par Rowling.
Lorsque ce sont les protagonistes et les rapports qu’ils entretiennent qu’ils décident de mettre en avant, comme dans ce dernier volet, ils manquent de souffle et passent à côté de la dimension épique d’Harry Potter.
Dans les deux cas, on est toujours dans du Skins version Mickey (hey JK, à leurs âges on cause plus souvent de fesse qu’on ne dit bonjour tu sais !) ou dans du Seigneur des Anneaux light.

L’une des caractéristiques des derniers épisodes, c’est qu’ils n’en finissaient plus de finir return of the king-style et qu’ils atténuaient systématiquement la dimension dramatique de la fin des bouquins. Ce coup-ci on nous épargne les multiples fins et la conclusion de 20 minutes, mais c’est au détriment d’une des scènes majeures du livre, pourtant tournée. Particulièrement émouvante aux yeux des fans, elle sera peut-être incluse au début du 7e film.
Mauvais choix. Bâclée, la fin ne convainc pas.

Avis à ceux que les films interminables rebutent, Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé est très très long et parfois ennuyeux au point qu’on se demande si on ne va pas finir comme Vincent Humbert, sans pouvoir sentir son corps pour le restant de nos jours et la boîte crânienne en soupière. Mais c’est finalement assez rare.

Depuis que j’ai lu les livres, quelques mois avant la sortie du 4e volet, je me suis fait à l’idée qu’Harry Potter sur la grande toile serait toujours une déception faute de parvenir à transcender le matériau d’origine pour l’amener au stade supérieur. Si seulement Steven Spielberg n’avait pas refusé de mettre les mains dans le cambouis pour Harry Potter à l’école des sorciers, on ne jouerait sûrement pas dans la même cour pour ce qui est des ambitions artistiques.
Allez, encore deux films pour me faire mentir.

En fait, je me demande si les aventures du sorcier binoclard et un peu neuneu n’auraient pas plutôt fait une remarquable série. La plus chère de l’histoire. La plus ambitieuse. Une saison par livre. Perfecto.

Et si en fin de compte la saga Harry Potter était l’un des plus grand gâchis de l’histoire des adaptations ciné ? Un rendez-vous raté avec le 7e art ?

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Deux observations en bonus :
– d’un point de vue strictement capillaire, Daniel Radcliffe avait nettement progressé dans le précédent film, ce qui lui avait ouvert l’anti-chambre de la catégorie des gossebos. Patatras ! Les coiffeurs du film on à tout fichu par terre avec sa coupe de merde. Crâne rasé pour Harry dans le prochain film !
– Gap aurait dû s’abstenir de faire du placement produit dans le film parce qu’hormis Ginny et Hermione, tous les jeunes sont sapés comme l’auraient été les personnages des Beaux Gosses s’ils avaient vécu au 21e siècle.

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Classé dans Cinéma, Critique

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