10 bonnes raisons d’aller voir Transformers II. Ou pas.


Transformers II n’en finit plus de faire yodeler les tiroirs caisses outre-Atlantique. Why ? Peut-être parce qu’en dépit d’une débilité et d’un mauvais goût rarement vus ailleurs que dans une émission de feu Cauet, on y découvre des idées qu’on n’aurait jamais imaginé voir dans un blockbuster hollywoodien, produit par Steven Spielberg qui plus est. Autant de bonnes raisons d’aller voir le film. Ou pas.

– Ca s’appelle Transformers II : La revanche. Depuis le début des 80’s au moins, personne n’ignore que les suites avec « revanche » dans le titre peuvent être labellisées nanard avant même de venir s’écraser sur les grands écrans du monde entier. On ne pensait pas que quelqu’un prendrait le risque à nouveau.

– Spielberg est tellement ouvert d’esprit qu’il n’a pas rechigné à produire le blockbuster le plus ouvertement républicain depuis Couvre feu. Ode angéliste et offensive au patriotisme et au militarisme, Transformers II met en scène un émissaire de Barack Obama détaché auprès des forces armées, autoritaire, étriqué, anti-militariste (donc objet de méfiance et de blagues méprisantes), lâche, collabo, incompétent, traître et complètement con. Pour la première fois depuis une paye, le « méchant » d’une superproduction ricaine est donc démocrate. Ou comment transcender l’opposition bureaucratie/terrain-action déjà vue mille fois ailleurs.

– Les deux Action Man du film, campés par Josh Duhamel et Tyrese, sont devenus des GI Joe conservateurs, réacs, patriotes jusqu’à la moelle, anti-bureaucrates et ambassadeurs Ferrero Rocher des valeurs de l’Amérique redneck. Mais ils ont des têtes de mannequins Calvin Klein.

– Visiblement soucieux de faire la nique au mauvais goût de compétition de Bad Boys II (qui n’en demeure pas moins le plus grand film d’action jamais produit), Michael Bay a quand même réussi à imposer et surtout à mettre en images un robot géant avec de très très très grosses valseuses. Après avoir vu ça, on peut mourir tranquille. Le plus tard possible, mais on peut. (Vous avez vu comme je me mets au niveau de mon sujet ?).

– Réaliser le blockbuster le plus bêtement décomplexé de ce millénaire qui débute est le Saint-Graal cinématographique de Michael Bay. Pour mettre toutes les chances de son côté dans l’accomplissement de son ambitieuse destinée, il filme aussi une mère de famille qui parle cul et mange des Space Cakes, des chiens qui niquent ou encore un boucher judéo-musulman (je ne sais plus trop alors dans le doute on peut dire qu’il est les deux) qui flippe sa race d’être touché par du porc.

– Après avoir rasé Pearl Harbor, Cuba dans Bad Boys II et toutes les grandes capitales non-américaines dans Armageddon, Bay envoie robots et soldats se foutrent sur la gueule au milieu d’un village égyptien comme s’il était habité par des putains de troglodytes sur qui on peut tirer à l’envie en explosant leurs maisons de merde en terre cuite.  Le respect (notamment celui des autres cultures) c’est une valeur nettement surestimée et Transformers II le prouve.

– Par l’entremise de deux robots au parler petits-nègres tendance hip-hop profondément demeurés et d’un petit Transformers teigneux et dragueur à l’accent mafioso-magouilleur italien, Michael Bay transforme son film en véhicule de luxe pour les pires clichés racistes qu’on aient vu au cinéma depuis que Chuck Norris se cantonne aux séries télé et aux direct-to-video. Peut-être même depuis Naissance d’une nation tiens.

– On doute que Michael Bay sache parler aux femmes, mais en tout cas il sait les sublimer. Quand il filme Megan Fox, on se croirait dans un Emmanuelle 2.0 sauf avec des robots.

– La culture, le patrimoine et l’histoire, Michael Bay s’assoit dessus. Avec les deux fesses. Dans Transformers II par exemple, il fait sauter la moitié d’une pyramide et raconte que les égyptiens, des putains d’éleveurs de chameaux, n’ont rien construit  du tout puisque ce sont des robots qui ont fait tout le boulot. Je me demande s’il aurait osé dire un truc du genre : « les américains n’ont pas débarqué en Normandie, c’était des robots« .

– Le succès de Transformers II peut ouvrir la porte à Bad Boys III, qui serait sans doute la parfaite illustration cinématographique de l’Apocalypse.

Publicités

1 commentaire

Classé dans Cinéma

Une réponse à “10 bonnes raisons d’aller voir Transformers II. Ou pas.

  1. Juste, j’adore. Je kiffe ton flow !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s