Ciné différé


1492 fois j’ai remis le métier sur l’ouvrage, aujourd’hui voilà toutes les critiques non publiées du mois écoulé. On dirait un numéro de Ciné Live sauf en mieux.

Kiss Kiss Bang Bang

Comme l’écrirait Télé Poche (un magazine qui sait faire rêver ses lecteurs), c’est rondement mené, les dialogues sont « ciselés aux petits oignons » et l’interprétation confirme trois trucs qu’on devrait tous savoir :
1 – Robert Downey Jr est le go to guy de sa génération rayon acting
2 – Val Kilmer mérite meilleure réputation que sa filmo de pakistanais pourrait le laisser penser
3 – Michelle Monaghan est plus belle et talentueuse que 84% des stars d’Hollywood, même dans « L’oeil du mal » où elle tire un tronche d’attardée apeurée pendant la moitié de la bobine.

La narration est carrément énorme. Elle enquille les punchlines et pour une fois, s’adresser directement au spectateur en le prenant à partie n’est pas qu’un gimmick pour réalisateur prétentieux dépourvu d’imagination. Au contraire, ça donne une sorte de mise en abîme réflexive particulièrement [im]pertinente sur Hollywood. Les haters se délecteront des vannes sur le « Seigneur des Anneaux« . Même moi ça m’a fait rire comme une poule.

Juste histoire de pinailler, la fin s’emballe un peu sans raisons niveau action mais bon, Shane Black n’est pas le scénariste de l’Arme Fatale pour des pelures de pomme de terre.

Les voies du box-office étant parfois impénétrables, je ne puis m’expliquer ni comment ni pourquoi ce bijou a été un flop de la taille de l’Australie. En même temps quand on voit que Sarko fait un malaise sans repartir les deux pieds devant, on n’est pas à une aberration près.

Les Beaux Gosses

Jusqu’ici, un teen movie français c’était souvent drôle comme l’incendie d’un orphelinat au Darfour. Eh bien réjouissez-vous parce que la France vient de mettre la main sur ce qui pourrait être son mètre-étalon en la matière. Un point de départ intéressant pour tracer un axe de progression. Les dialogues sont drôles, les situations sont drôles et les acteurs sont drôles. Mention spéciale à Anthony Sonigo qui dans le rôle de Camel donne tout son sens au comique de corps. Il faut dire qu’il est bien aidé par une coupe, un look et une dégaine qui à d’autres époques dans d’autres pays auraient pu lui valoir l’écartèlement.
Depuis le Festival de Cannes, où le film était présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, la presse a taillé des blowjobs en masse aux Beaux Gosses. Vu le boucan fait autour de comédies comme Bienvenue chez les Ch’tis, Coco ou Safari, ce n’était pas forcément volé.

Enfin je dis ça mais le film n’est en rien un portrait réaliste de l’adolescence, esthétiquement il est d’une laideur repoussante (comme son personnage principal) et surtout, on est à des milliers de kilomètres de Supergrave, le teen movie le plus fendard de tous les temps dont certaines critiques ont tenté de le rapprocher.

Very Bad Trip

Quand je pense que certains ont touché 70 boules pour bloguer une critique  (bienvenue dans le monde des billets sponsorisés) et qu’à moi Warner me refuse un putain de t-shirt alors que j’en ai causé 1000 fois et que je l’avais déjà vu à deux reprises avant sa sortie…
Bref. Critique ici.

Coraline

Si le monde se divisait entre les bons et les mauvais films, Coraline irait avec les premiers. Mais le monde est à l’image de Michael Jackson : gris. Ce n’est donc pas aussi simple.

Sans surprise, la performance technico-visuelle est stupéfiante et nourrit copieusement le monde « imaginaire » de Coraline, féérique dans un premier temps puis nettement plus effrayant. Le scénario est attendu, mais il est compensé par de jolies trouvailles visuelles soutenues par une inventivité permanente qui font du nouveau Henry Selick un film très riche. Trop riche peut-être. Trop parfait techniquement.
J’ai eu beau essayer, jamais je n’ai réussi à faire abstraction du côté artisan génial du truc pour me laisser happer par le film. Pour info, Wallace et Gromit et le truc avec le lapin géant m’a fait la même chose ainsi que Les Noces Funèbres.

Transformers II

A la sortie de 2012, Michael Bay va faire une dépression carabinée tant le nouveau film catastrophe de Roland Emmerich place haut la barre rayon destructions massives dans son incroyable trailer, outshinant en trois minutes tout ce que Bay a pu faire depuis le début de sa carrière.
Son film à lui est à l’image de son ego : boursouflé. Et un peu daubesque aussi. Le scénario est débile, les tentatives humoristiques sont aussi drôles que la vidéo de l’exécution de Daniel Pearl et aussi dramatiques qu’un épisode des « Yeux d’Hélène » lorsque c’est ce qu’elles essayent d’être.

Quant aux scènes d’action, elles révèlent le côté artificier tire-au-flanc de Michael Bay lequel remixe sans honte ce qu’il a pondu dans le premier épisode (cf tout le bordel dans le désert) voire même dans d’autres bobines à lui comme Pearl Harbor.  D’ordinaire je suis plutôt tolérant avec les scènes d’action ultra-cut devenues la norme à Hollywood depuis le carton de Jason Bourne. Un film c’est pas un cahier de jeu de foot américain, il n’est pas indispensable que l’action soit super lisible pour gagner la partie. Mais merde Mike, y’a quand même une limite ! Hormis celle de la forêt, les scènes d’action sont chiantes à suivre parce qu’on n’y entrave peau de zob.

Rayon acteurs, bien qu’on s’en branle complètement, soyez informé que Shia LaBeouf fait ce qu’il peut, que John Turturro est plutôt amusant dans un registre proche de ce qu’il faisait dans Rien que pour vos cheveux et que Josh Duhamel et Tyrese sont devenus d’insupportables rednecks conservateurs et bas de plafond.

En dix mots comme en cent : raciste, beauf, vulgaire, relativement laid, long, chiant, incompréhensible, pas intéressant.

Terminator Renaissance

Pétard mouillé. Longtemps j’ai attendu le 4e volet de la saga Terminator avec la même impatience que le concert de Johnny à Bollaert ou le premier tiers prévisionnel. Puis sont arrivées les premières images, assez prometteuses. On aurait dû en rester là.

Tension zéro, scènes d’action vues partout ailleurs et en mieux, esthétique pompée sur Mad Max et compagnie et enjeux dramatiques dont on se fout plus que de l’élection du maire de Reyjkavik.

Si McG n’avait pas eu à jouer les Scissorhands avec sa bobine pour livrer au studio un blockbuster des familles classé PG13, on aurait certainement eu droit à quelque chose de meilleur. Au lieu de ça, c’est presque moins bien que Terminator III qui avec sa méchante tout droit sortie des pages de Playboy et son John Connor aussi charismatique qu’un tapis de sol se posait quand même là.

Coup de chapeau à Sam Worthington, un gus avec qui il faudra compter à l’avenir.

Sunshine Cleaning

Des fois il arrive que face au grand écran d’une salle d’art et essai sans clim on se demande ce qu’on fout là. Bah voilà.  This is it. Comédie dramatique indépendante sans prétention (en tout cas j’espère), Sunshine Cleaning ne va nulle part et ne raconte rien d’intéressant en dépit d’un casting au capital sympathie indiscutable (Alan Arkin, Emily Blunt, Clifton Collins Jr, …).

Un film prétentieux assez agaçant dans le sens où l’andouille derrière la caméra semble croire qu’il suffit de savoir la tenir et d’avoir de bons acteurs afin de jouer des personnages sympas pour que ça fasse un bon film. Bah non.

Amerikka

Oh cliché where are thou ? Un film palestinien avec des acteurs talentueux sur une mère célibataire et son fils adolescent qui quittent les territoires occupés pour poser leurs valises dans l’Indiana, difficile d’en dire du mal tant ça pue le film sponsorisé par les Inrocks, Arte et l’ONU. Et pourtant. C’est bien interprété et tout, la dénonciation du racisme dont sont victimes les arabes depuis le 11 septembre sans doute justifiée mais les ficelles restent trop grosses, tendance Bisounours.
Pour le reste il est aussi loin d’Elia Suleiman que Marc Levy de Louis Ferdinand Céline.

Hanté par ses exs

Matthew McConaughey n’est pas un bon acteur. Il a été bon. Deux fois. Dans Le règne du feu et dans Tonnerre sous les tropiques. Pour le reste, il se contente de toujours photocopier le même papier d’horrible branleur prétentieux. C’est à nouveau le cas dans cette comédie des plus passables.
Autant le dire tout de suite, ici c’est pas Judd Apatow et sa fine équipe.
En dépit de deux, trois sentences de rageux bien assénées et parfois vraies (« Le mariage est une institution oppressante et archaïque« , « L’amour est une nourriture pour les faibles et les incultes« , « Le pouvoir dans une relation appartient à celui qui s’implique le moins« ), c’est moins souvent drôle que Shoah de Claude Lanzman.
En plus le personnage principal est une escroquerie digne de Christophe Moulin dans le sens où l’on se rend vite compte qu’il est en fait aussi salaud qu’un Ewok ou que Corbier du Club Dorothée et qu’il retourne bien vite sa veste impeccablement cintrée pour céder aux conventions et se ranger derrière l’étendard de la pensée unique.
Et comme je ne suis pas un bâtard, j’éviterai le cas Michael Douglas qui semble bien partie pour prendre la même route qu’Al Pacino et Robert De Niro, à savoir celle du ridicule et de l’alimentaire.

Notorious B.I.G

Laissons les pincettes aux esthéticiennes et aux laborantins : Notorious n’aurait jamais dû exister. Qu’est-ce qu’on pouvait attendre d’un biopic produit par P-Diddy (best friend, producteur et « pygmalion » de Biggie), Voletta Wallace (mère du défunt, persuadé qu’il est un angelot) et Mark Pitts (manager angélique) ? Notorious est donc bien l’hagiographie mielleuse et pleine de bons sentiments redoutée par tous ceux qui en avaient quelque chose à foutre genre moi.

En dépit de la fin tragique de Biggie Smalls, le réalisateur est parvenu à nous refourguer une sorte de happy-end sur fond de rédemption, d’inspiration et de naissance d’une légende.

Heureusement, la plupart des acteurs sont bons. Jamal Woolard est bluffant tout comme Naturi Naughton qui campe une Lil’ Kim moins salope et plus femme bafouée touchante que ce qu’on aurait pu. A la limite, on ne voit pas bien de quoi elle s’est plainte à la sortie du film.

Par contre, Anthony Mackie et Derek Luke, qui interprètent 2Pac et Puffy sont catastrophiques. Le refus de parti pris et la volonté de ménager ses proches en évitant d’égratigner sa légende font que le premier est d’une fadeur injustifiable pour un type aussi charismatique et ambivalent que l’était l’idole de Stomy Bugsy.
Quant à Puff Daddy, soucieux de se donner le beau rôle, il apparaît comme un bisounours schizophrène tantôt player prétentieux et m’as-tu vu, tantôt homme d’affaire sérieux et avisé.

Si quelqu’un pouvait faire en sorte que la famille de 2Pac et Suge Knight évitent de faire un biopic sur le bonhomme, les fans de rap dans la salle apprécieraient.

Public Enemies

Contrairement à beaucoup, j’adhère complètement au parti pris visuel de Michael Mann en particulier dans les scènes de fusillades, lesquelles sont assez incroyables. On n’a pas l’habitude de voir des gunfights avec des mitrailleuses des 30’s et c’est bien dommage parce que ça dépote méchamment.
Malheureusement pour le reste Public Enemies passe à côté de tout ce qui aurait pu être intéressant (la corruption, les balbutiements du FBI avec Edgar Hoover, la collusion entre les autorités et la mafia) pour se concentrer sur la petite histoire, finalement anecdotique. Filmer à hauteur d’homme ça passe quand il s’agit de Jacques Mesrine ou d’un autre mec bigger than life, beaucoup moins quand il s’agit d’un taiseux aussi charismatique que la moquette de mémé dont on ne sait rien de la vie ni des motivations.
Quant au face à face Johnny Depp/Christian Bale, forget about it. On s’attendait à une traque tendue du slip à travers l’Amérique au lieu de quoi on est à peine au niveau d’un épisode de Lucky Luke.

Pour flatter le chauvinisme des plus cocardiers d’entre vous, causons un peu de Marion Cotillard. Toute auréolée de son Oscar, elle n’est bonne que par intermittence. Quand elle freine des quatre fers face aux tentatives de drague pour le moins originales de John Dillinger ou lors d’une scène d’interrogatoire pleine de tension (la seule du genre dans le film avec «  » » »peut-être » » » » » le final), par exemple.

Autre déception, la pléthore de seconds rôles prometteurs réduits au rang de simples faire-valoir (spéciale dédicace à Leelee Sobieski et Channing Tatum).
Finalement entre les pognes de Michael Mann ça aurait pu être tellement bien que ça ne pouvait être que raté.

L’Age de Glace III

S’il n’avait pas fallu subir la morale mongolisante, niaise et éléphantesque du couple de mammouths, il y avait matière à rivaliser avec le haut du panier de l’animation.

C’est d’autant plus con qu’à part ça il n’y a pas grand chose à reprocher au film, fendard la plupart du temps grâce à une galerie de seconds rôles particulièrement réussis. S’il n’y en a que pour Scrat, l’écureuil qui poursuit inlassablement un gland et qui un jour ou l’autre finira par avoir son spin-off par Woody Allen, alter-ego névrosé de l’animal, mon vote va aux frangins opossums Eddie et Crash mais surtout au nouveau venu de l’affaire, la fouine Buck chasseur de dinosaures plus  jobard qu’un hyperactif qui aurait plongé tête la première dans une piscine vide.

L’Age de Glace suit le chemin inverse de Shrek en se bonifiant avec le temps. Pour le quatre, croisons les doigts pour qu’enfin les mammouths s’éteignent définitivement.

Jeux de pouvoir

Du déjà vu mais de l’excellent. On doit pas être bien loin de l’Apocalypse parce que Ben Affleck, après avoir fait des débuts remarqués et assez remarquables derrière la caméra, est juste parfait ce qui ne lui était pas arrivé depuis une éternité vu que ces dernières années il a enchainé les merdes avec la régularité d’un métronome. Russell Crowe est quant à lui géant. L’un des meilleurs acteurs de sa génération.

Un film passionnant sur le journalisme d’investigation, le monde de la presse et les arcanes du pouvoir politique. Seul hic, à trop vouloir twister, on fini à Saint-Tropez.

Brüno

Sacha Baron Cohen ose tout. C’est à ça qu’on le reconnait vu qu’il est tout le temps déguisé. Comme dans Borat, il est drôlissime et assez génial face à des amerloques bercés trop près du mur et effrayants de bigoterie et d’intolérance quand ils ne sont pas consternants de bêtise crasse.
Ceci étant dit, trois questions me laissent dubitatif :
– quelle est la part de mise en scène dans le projet ?
– le film passera-t-il le test de la seconde vision et de la disparition de l’effet de surprise auquel Borat avait lamentablement échoué ?
– les Inrocks et toute la presse bobo-culturelle semblent adorer, qu’est-ce que ça cache ?

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