Le Nouvel Hollywood


Les bons bouquins sur le cinéma se comptent sur les doigts de la main d’un bûcheron maladroit. Peter Biskind, journaliste yankee et sosie de John Carpenter, a l’insigne honneur d’en avoir signé deux : Sexe, mensonge et hollywood, dissection du cinéma indépendant des années 90 et plongée truculente dans les coulisses tortueux de Sundance et Miramax et Le Nouvel Hollywood dont je vais causer maintenant.

Le Nouvel Hollywood est un livre foisonnant sur le cinéma des années 70 qui du succès de Bonnie and Clide et Easy Rider jusqu’à l’échec sans appel de la Porte du Paradis, permettra à un cinéma ambitieux et inventif influencé par la contre-culture, la dope et les hippies de s’épanouir sous l’égide de réalisateurs et de scénaristes ayant pris le dessus sur le vieux Hollywood.

Ça fourmille de tellement de personnages, de films et d’anecdotes qu’on se perd parfois dans les index, mais c’est absolument passionnant et pas que pour les fans de 7e art. Pour peu qu’on s’intéresse au processus de création, au monde de la culture ou à l’industrie du divertissement, on ne peut être que comblé par le livre de Biskind.

D’un point de vue purement littéraire, ce dernier a opté pour la simplicité. Les quelques 650 pages du bouquin se lisent aussi facilement qu’un article de Télé Star (il m’a fallu une semaine) parce que Biskind ne se roule pas inutilement dans les figures du style, préférant un style direct mais soigné allant droit au but comme l’OM. Clair, concis et précis, Pete délivre quasiment une info ou une idée par phrase et ça n’importe quel prof de français vous dirait que c’est bien.

Je pense pouvoir dire que je touche pas mal ma bille en ce qui concerne le cinéma, mais avec Le Nouvel Hollywood, j’ai appris plus de trucs que si j’avais lu toute la presse spé hexagonale pendant 65 ans. Les débuts difficiles de Scorsese, savant mélange de bides public et d’addiction à la poudre, la mégalomanie de Coppola et son voyage aux frontières de la folie sur le tournage d’Apocalypse Now, le conservatisme et le caractère autiste d’un George Lucas pris en otage par le succès de la Guerre des Etoiles, la nécessité pour Steven Spielberg d’avoir tous les honneurs etc…

Mieux, et c’est probablement là le plus important, Le Nouvel Hollywood m’a donné envie de charger la mule pour découvrir l’œuvre de mecs talentueux tels que Peter Bogdanovich, Hal Ashby, Robert Towne ou encore Warren Beatty.

Après les 70’s et les 90’s, quand est-ce que Peter Biskind va prendre sa plume pour coucher sur papier l’histoire des années 80 avec l’avènement des blockbusters friqués et du star-system ?

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Cinéma, Lecture

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s