Expressions pièges à cons


La semaine dernière j’ai acheté Jonathan Strange et Mr Norrell et Survivant, mon premier Chuck Palahniuk. De quoi tenir un bon mois en couvrant un large spectre de la littérature anglophone sans pour autant aller jusqu’à acheter de la chick lit.

L’un de mes défauts, et non des moindres, c’est que j’ai un amas de principes à la mord moi le bout, l’un d’entre eux étant d’avoir fait de la maxime « garder le meilleur pour la fin » une règle de vie.
S’il y a des moules-frites à manger, je m’envoie d’abord toutes les moules avant de déguster les frites. Si je me fais un double programme au cinoche, je commence invariablement par le film que j’attends le moins ou à défaut par celui que je pressent comme le moins bon. Notez que ça n’est valable que si je me fais deux films à la suite. Pas si j’en vois un le jeudi et l’autre le lendemain.
Quand j’ai reçu mon Mac, que j’attendais de pied ferme depuis une paye, j’ai fait durer le plaisir une demi-journée avant de le déballer histoire de gonfler un peu plus ma joie.

J’ai donc décidé de commencer par le Susanna Clarke qui pèse 1144 pages. Il m’en reste 954 avant d’entamer le Palahniuk que je brûle de lire à mesure que je lis des trucs sur le Chuck.

Vu que c’est totalement dans mes cordes de lire Empire et Jonathan Strange en parallèle, m’envoyer deux bouquins en même temps devrait être du domaine du possible mais je préfère me laisser emporter par un univers et le préserver du parasitage d’un univers opposé. Pour moi c’est d’une logique imparable.

Si « garder le meilleur pour la fin » est une expression à la con, il y en a deux autres que j’abhorre encore plus. Et vous savez l’importance que j’accorde aux expressions.

L’expression c’est le parangon de la phrase toute faite. Bouée de sauvetage dans certains cas, il ne faut surtout pas l’utiliser dans les situations où elle nous serait la plus salvatrice à savoir quand il faut remonter un moral ou rassurer quelqu’un.

Il faut donc se défaire de « pas de nouvelles, bonne nouvelle » et d’ « une de perdue, dix de retrouvées« .

« Pas de nouvelles, bonne nouvelle« . J’aurai dû en causer bien avant parce que maintenant que j’ai vu le Jamel Comedy Club dans ses œuvres, tout le monde va croire que je copycat le sketch de Wahid. Mais moi depuis longtemps je me dis qu’elle a les chlamydias et le typhus cette expression.
Vous vous souvenez de la petite Marion, cette gosse de 10 ans disparue corps et bien en 1996 du côté d’Agen ? Est-ce que vous pensez que lorsque les gendarmes appellent les parents pour les tenir au courant des non-avancées de l’enquête ils devraient leur dire « pas de nouvelles bonnes nouvelles » ?
Quand tu attends que cette nana pour qui tu virerais ta cuti si d’aventure elle se révélait être un trans’ te rappelle, est-ce que tu te dis « pas de nouvelles bonnes nouvelles » ?
Cette expression sous-tend l’idée que l’absence de nouvelles est préférable à une mauvaise nouvelle. A titre indicatif, depuis que je chine un job sur la toile, pas de nouvelles a toujours été synonyme de mauvaise nouvelle.

Tout aussi naze, « une de perdue dix de retrouvées« . Non mais au secours quoi. A part si t’es Rocco Siffredi, George Clooney ou que tu participes régulièrement à des gangbangs inversés (une tripotée de minous pour un seul matou), on n’a jamais vu personne retrouver dix meufs après en avoir perdu une. J’imagine que c’est une expression qui a été inventée pour qu’un quidam désespéré d’aider un ami tout juste célibataire puisse se sentir utile. Un petit conseil : si un pote te dis ça un jour après que tu te sois fait bazarder par ta nana, lourde-le. Un vrai pote sait trouver les mots. Un vrai pote sait aussi qu’une présence silencieuse vaut mieux qu’une phrase toute faite. S’il a l’impression de ne servir à rien parce qu’il n’a rien de verbal à te proposer pour améliorer ta vie, alors c’est qu’il est plus là pour se sentir utile que pour t’être utile. CQFD.

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Classé dans Me, myself & aïe !

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