State your name


Tomber amoureux d’un film ou s’en souvenir à jamais c’est parfois tout con comme un personnage prénommé Hank Markdukas. Voici mes préférés, les plus cools.


Gandalf le Blanc
: lors de sa résurrection dans les Deux Tours le vieux magicien mets les barres sur les T : Gandalf le Gris n’est plus, place à Gandalf le Blanc, plus propre, plus fort, plus puissant. Niveau expression imagée d’une montée de testostérone, c’est quand même autre chose que de s’appeler Terminator…


Paulie Bleeker
est une contradiction teen ambulante et ça se traduit jusque dans son prénom. Alors que TOUS les teen movies de la terre n’ont de cesse d’opposer les sportifs aux artistes et aux geeks, le keum de Juno est un subtil mélange de tout ça : fer de lance de l’équipe de marathon du lycée, guitariste pas dégueu, geek et pas puceau. Dans le même ordre d’idée, malgré sa bobine de Pierrot la Lune qui ne ferait pas de mal à une souris (sic), il a un prénom de mafieux (Paulie Cicero dans Les Affranchis, Paulie Walnuts dans Les Sopranos).
Bonus : Bleeker ça sonne un peu comme le nom d’un arbitre belge et perso, ça me plaît bien. !

Indiana Jones : l’un des murs porteurs de la culture pop a le nom d’un clébard. Celui de son enfance dans le film (il ne peut pas s’appeler Junior et je le comprends, c’était le nom de mon chien quand j’étais gosse), celui de George Lucas dans la vraie vie. Sinon c’est aussi le nom d’un état sans intérêt mais on s’en croque les bulots.

John Creasy : dans Man on Fire, quand la gamine interprétée par la flippante Dakota Fanning appelle le perso de Denzel Washington, il y a quelque chose de grinçant dans sa façon de prononcer Creasy. En vrai, Creasy signifie froissé et quand on voit son nettoyage par le vide de Mexico dans le film, on se dit que c’est pas pour rien que Tony Scott a choisi de l’appeler comme ça (juste pour le fun, vous saviez que le film avait d’abord été proposé à Michael Bay ?).

Willy Beamen : en blazant le quaterback de son péplum sportif Willy Beamen, Oliver Stone, qui n’est pas la moitié d’un con, révèle le but final (devenir un homme, be a man) du cheminement intérieur de la star arrogante, immature et egoiste campée par Jamie Foxx. Cela dit, ça n’a aucune incidence sur le fait que ce soit (et de tellement loin, genre distance Terre-Lune) le meilleur film sur le sport de l’histoire du 7e art.

Keyser Soze/Tyler Durden : figures tutélaires de la mythologie cinématographique contemporaine, leurs noms sont quasiment en passe de devenir des noms communs tant ils parlent à l’imaginaire collectif.

En ce qui concerne le diabolique bad guy de Usual Suspects, il devait d’abord s’appeler Keyser Sume, d’après l’ancien boss de Chris McQuarrie le scénariste. Mais quand il a lu le scénario, allez savoir pourquoi, il n’a pas voulu être associé au personnage. En revanche, on ne sait pas si Soze est une forme d’hommage au footballeur Franck Sauzée ou pas. On ne pense pas. En tout cas, il n’est pas indispensable que ça sonne américain pour que ça sonne bien. CQFD.

Je me suis toujours dit que si un jour je devais écrire une fiction sous quelque forme que ce soit, j’aimerais qu’il y ait des références subtiles et des private jokes discrètes dans le nom de chaque personnage. Il n’y a rien de plus cool je trouve que d’apprendre que Chuck Palahniuk a blazé Tyler Durden comme ça à cause du personnage principal de Toby Tyler, or Ten Weeks with a Circus, une comédie Disney sur un orphelin qui met les voiles avec un cirque, et d’un type du nom de Durden avec qui il a bossé jusqu’à ce qu’il se fasse blackbouler de son job pour harcèlement sexuel.

McLovin : ok ce n’est qu’un pseudo, mais c’est l’un des rares à déclencher des spasmes de rire quand on le prononce en bonne société. Et puis surtout, il donne lieu à la vanne la plus drôle sur un nom de famille : « McLovin ? What, are you trying to be an Irish R&B singer ?« 
A étudier dans tous les bahuts où on en est encore à faire des jeux de mots aussi inspirés que « Rodriguez la merguez » ou « Rodriguez père et fils, lanceurs de couteaux ».

Pulp Fiction : tous les personnages du film ont des noms cools à se jeter du Golden Gate.

Jules Winnfield : depuis la mort de César c’était un prénom pourri, après Winnfield il l’est redevenu. Jamais personne d’autre que Samuel L.Jackson ne pourra avoir la classe avec un prénom qui désigne une chaîne de magasins cheaps. Winnfield peut être vu comme une contraction de win (gagner) et field (le terrain) ce qui est plutôt bien trouvé puisqu’en annonçant sa volonté de passer à autre chose, le perso de Sam est finalement le seul qui ressort gagnant de Pulp Fiction.

Butch Coolidge : pour contrebalancer le côté péquenaud du prénom Butch, QT a collé un nom de président américain (Calvin Coolidge) au personnage de pugiliste de Bruce Willis. Plus tard dans le film, ça lui permet de nous concocter un combat « Coolidge vs Wilson » en référence à deux présidents, le deuxième étant Woodrow Wilson. Qui a dit que Tarantino was all about pop ? Ou comment prouver subtilement une certaine érudition. Floran Zeller & Co : méditez ça.

Vincent Vega : ou comment relier deux personnages de deux films différents par un simple nom de famille pour faire naître de fous espoirs de crossover cinématographique. Le plutôt calme Vincent Vega partage en effet le même patronyme que le nettement plus agité Vic Vega de Reservoir Dogs immortalisé par Michael Madsen. Pendant une dizaine d’années après la sortie de Pulp Fiction, la rumeur s’est souvent enflammée à propos d’un film sur les Vega Brothers. Tarantino n’a certainement pas plus à voir avec cette rumeur qu’avec le réchauffement climatique étant donné qu’à l’origine, c’est Madsen himself qui devait jouer le rôle (ce qu’il n’a pas pu faire pour des raisons d’agenda).
PS : le nom Vincent Vega est aussi la seule raison plausible pour laquelle l’immense Daniel Day Lewis, qui a fait des pieds et des mains pour avoir le rôle, ne pouvait définitivement pas être le partner in crime de Jules Winnfield.

Esmeralda Villalobos : QT a vu un court-métrage qu’il a tellement aimé trois ans auparavant que hop! il a pris le personnage et l’actrice pour son film. Ceci étant dit, je dois dire que pour une fois qu’on se casse un peu la tête pour blazer un personnage latino… Ca change de The Shield où il s’appellent tous Hernandez, Fernandez, Garcia et Santos.

Marsellus Wallace : je pourrais presque appeler mon fils Marsellus tellement c’est funky d’avoir un prénom latin. D’ailleurs j’ai du mal à croire que le film n’ait pas déclenché une vague de latinisation nominale outre-Atlantique où les parents sont si prompts à appeler leurs gosses Britney, LeBron ou Miley.

Bonus track
Vernita Green : dans le diptyque Kill Bill, Tarantino c’est encore le festival du prénom chouette ce qui me fait croire que choisir les noms de ces personnages c’est ce qu’il y a de plus marrant dans le processus d’écriture d’une fiction. Celui qui remporte tout mes suffrages c’est quand même Vernita Green. C’est tellement original Vernita (et pas original dans le sens j’appelle mon gosse Bronx Mowgli) qu’on ne peut qu’adhérer.

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6 Commentaires

Classé dans Cinéma

6 réponses à “State your name

  1. Le problème : ce ne sont que des noms anglo-saxons. Donc, quand on écrit une fiction en français, que choisir ?

    Comme tu l’écris sur « le post de la braderie » ;-), les Français qui s’appellent Mitch, c’est bizarre… 🙂

    Donc, que faire ? As-tu des idées de noms cool dans des films francophones ? Peut-être un prochain post ? 😉

  2. Jayhova

    Si tu permets, c’est quand même un défi de bâtard que tu me lances là devant toute la blogosphère ! 😀

    Mais je vais voir ce que je peux faire ! 😉

  3. Les défis que je pose aux autres sont aussi des défis que je me pose à moi-même… 😉

    Je suis en train d’écrire mon troisième scénario et trouver des noms cool en français est le pire des casse-têtes 😉

  4. Et au fait, merci beaucoup pour tes commentaires sur mon blog !

    Le tien aura vraiment été la découverte de mon été 😉 J’ADORE !

    • Jayhova

      Ah mais t’es scénariste ? Ca c’est cool. J’aimerai beaucoup avoir l’imagination pour faire ça ou pour écrire un livre. Mais il me reste un long chemin à parcourir 😉

      Sinon merci pour beaucoup pour ton dernier commentaire. J’en suis d’autant plus honorer que j’aime aussi beaucoup ton blog que je suis depuis quelques mois déjà !

      Fais ici comme chez toi, tu es plus que le bienvenu !

  5. Pour l’instant, scénariste amateur 😉

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