Ciné club #1


I Love You Man

I Love You Man est un apatow-like. Ca a le goût d’un Judd Apatow, les acteurs d’un Judd Apatow, un thème et un pitch à la Judd Apatow mais c’est autant du Judd Apatow que du Martin Scorsese ou du Serguei Ensenstein. N’est pas Judd Apatow qui veut et surtout pas John Hamburg dont la précédente bobine, Polly et moi était une petite daube malgré Ben Stiller, le furet aveugle et la meilleure utilisation ever de la fast version de Let My Love Open The Door. Et croyez-le, ça me fait beaucoup de peine de dire ça du gus qui a co-écrit le scénario d’un des meilleurs films de l’histoire : Zoolander.

Ceci étant dit, I Love You Man n’est pas un mauvais film loin de là. C’est juste qu’il ne tient presqu’aucune des promesses comiques de son trailer et de son casting dans lequel on retrouve quand même Paul Rudd, Jason Segel, Andy Samberg et JK Simmons.
L’intérêt du film réside donc dans son sujet qui détourne avec une finesse qui l’honore les codes de la romcom pour en faire une bromance, l’histoire de la naissance d’une amitié sincère entre deux gars en évitant tous les écueils type buddy movie.

John Hamburg raconte comment deux types normaux loin des archétypes du genre vont tomber amoureux l’un de l’autre au sens amical du terme. Pas d’ambiguïté sexuelle, de quiproquo homosexuel entre eux ou de blague lourdingue. De ce côté là, le film est une réussite.

Perso, quand je réfléchis à ma relation avec mon meilleur ami et à celle que j’ai avec ma meuf, les deux m’amplissent d’autant de joie et de satisfaction dans des catégories différentes même si dans un cas comme dans l’autre, il est finalement toujours question d’amour (ce que deux gars ne s’avoueront jamais le mot étant trop connoté de ce côté-ci de l’Atlantique).
C’est cool d’avoir retrouvé ça dans I Love You Man. Faut juste pas se laisser tromper par les présences de Paul Rudd, Jason Segel et Andy Samberg au générique.
Mention spéciale : Hank Markdukas

Là-Haut

Soyons direct. Là-Haut est un putain de chouette film, probablement le deuxième chef d’oeuvre de Pixar après Wall-E, mais la 3D ça casse pas des briques. Honnêtement ça ne vaut pas le coût d’hypothéquer son laptop pour se payer des binocles so 80’s.
Ça aurait quand même fait bien pitié si Pete Doctor avait pensé son film spécifiquement pour la 3D genre avec des plans à la Chérie j’ai rétréci le public. Heureusement il n’en n’est rien. On peut donc se concentrer sur la bobine.
Je ne suis pas un fan bigot de Pixar. J’ai trouvé Cars passable et je vomis les Indestructibles. Par contre j’ai adoré Ratatouille, Wall-E et Monstres & Cie qui comme par hasard, est l’oeuvre du même zig’ que ce Là-Haut formidable.
A chaque sortie de la firme à la lampe de bureau, c’est concours de masturbation intellectuelle généralisée. Je vais donc me contenter de dire que le film est aussi fin, imaginatif, drôle et émouvant qu’on le dit et qu’il n’y a rien à jeter là-dedans. Surtout pas les lunettes 3D qu’il faut rendre à la fin sous peine d’avoir à vendre 1 mètre d’intestin grêle pour les rembourser.
Mention spéciale : le gamin qui, est c’est suffisamment incroyable pour le stabilobosser, n’est jamais insupportable. A aucun moment.

L’attaque du métro 123

Statistiquement quelles étaient les chances pour que L’attaque du métro 123 soit en lice pour le titre de meilleure bobine du mois de juillet ? Franchement ?

Et pourtant. On a là l’un des blockbusters les plus réussis de l’année, à des années lumières de Terminator Renaissance, Transformers II and Co.

Grâce à une modestie et à une économie de moyens qui se traduit par une relative unité de lieux (on navigue pendant les 3/4 du film du central du métro new-yorkais à la rame prise en otage par Travolta et ses gars), Tony Scott ne se disperse pas dans un truc prétentieux et ballonné à l’inverse de ses jeunes confrères.

Évidemment c’est pas Tony Scott pour rien et il faut quand même qu’il y aille de sa patte stylistique à base de ralentis tape à l’œil. Mais ils sont aussi rares que star académiciens qui ont faire carrière.

John Travolta incarne un golden boy déchu (encore un film qui avait vu venir la crise) reconverti en bad guy sympatoche malgré son côté légèrement bipolaire et son emploi surfait de l’insulte fils de pute et d’un tas d’autres épithètes auxquels un démocrate ne saurait adhérer.
Une fois n’est pas coutume, Denzel Washington la joue profil bas. En retrait et discret, il est excellent dans son rôle de héros malgré lui. Pour la première fois depuis une paye, il ne joue pas le King Kong savant et c’est très bien comme ça.

John Turturro fait le métier mais n’aura aucun prix pour ce rôle quant à James Gandolfini, il campe un maire bonhomme mais pas con avec ce qu’il faut de cynisme pour être crédible dans le costard d’un homme politique. On se demande quand même comment un mec qui a tenu sur ses épaules l’une des plus grandes séries de l’histoire de la télé pendant presque une décennie peut en être réduit à jouer les seconds couteaux dans une série B aussi bonne soit elle. Du coup je me fais du mouron pour Terry O’Quinn et Michael Chiklis.

Ce qui est dommage c’est que le film roule sous pavillon hollywoodien et ne sort donc pas des rails au moment d’entrer en gare. Même si on si attendait, elle tombe comme le dentier de mémé dans la soupe et déçoit un peu. Mais c’est un moindre mal.
Mention spéciale : le wifi new-yorkais qui marche jusque dans le métro.

Victoria : les jeunes années d’une reine


C’est ni spécialement bon, ni spécialement mauvais mais pour un film produit par Martin Scorsese c’est quand même très décevant.
Les acteurs sont tous très bons (en particulier Rupert Friend et Paul Bettany), Emily Blunt est pas dégueulasse et la reconstitution est soignée quoiqu’elle manque d’ampleur.
L’histoire d’amour entre la reine Victoria et celui qui deviendra son mari est touchante mais on aurait quand même voulu en savoir un peu plus sur les intrigues de palais qui ne sont trop souvent qu’effleurées. Du coup on se retrouve avec un film dont on se fout un peu, oublié plus vite qu’on ne l’a vu. Pour paraphraser le Nouvel Obs « c’est un peu Point de Vue sans Point de Vue ».
Mention spéciale : Mark Strong qui pourrait prétendre un jour à jouer l’un des chiens de Là-Haut en cas d’adaptation live tant il est convaincant dans la position « Écureuil ! ». Dès qu’il croise la jeune reine dans un couloir, il s’immobilise le port altier, la regarde et ne fait rien. Écureuil !

GI Joe

Dans l’imaginaire collectif les G.I Joe sont des Barbies pour petits garçons des 80’s très marquées bannière étoilée.
Eh ben believe it or not, le film nous épargne l’habituelle sarabande sur le bien, le mal et la liberté ainsi que les trompettes du patriotisme. Pas un seul drapeau yankee qui flotte fièrement au vent ! Ici il faut buter le méchant parce qu’il fait chier avec ses conneries et qu’il a une dent contre les GI Joe. Plus que Moscou, Pékin, Washington ou Paris, ce sont les  miches des autres GI Joe que les héros passent le plus de temps à protéger et sauver. Si vous faisiez partie de la corporation des boulangers et qu’un fou dangereux voudraient vous décimer, pour sûr vous en feriez de même !
C’est toujours ça de moins que les peines à jouir auront à reprocher au film.

Mais pas de soucis les griefs ne manquent pas : un méchant outrageusement théâtral, un héros campé par Channing Tatum mauvais comme un cochon, les personnages archétypaux à l’extrême, la mise en scène pompière ou encore l’humour, moins drôle que l’incendie d’un orphelinat.
Ah et aussi c’est très con. Mais c’est bon. C’est bon parce que c’est fun et décomplexé du gland, comme un pastiche qui s’ignore. Contrairement à Michael Bay, Stephen Sommers n’a pas le melon (certes, il n’y a pas de quoi) et tourne des scènes d’actions lisibles, spectaculaires et originales même si elles sont parfois un peu niquées par des effets spéciaux assez laids. La scène finale, très Star Wars ou l’incroyable séquence parisienne sont des modèles du genre et créatives avec ça.

C’est très long par moment tant les scènes de comédie sont imbitables et la construction narrative parfaitement débile, mais quand ça débouche sur un flash-back amené comme dans les Feux de l’Amour (le personnage se souvient, il a les yeux perdus dans le vide, gros plan sur son visage) dans lequel on découvre deux gamins d’une dizaine d’année se maraver avec la violence d’un Kill Bill, croyez moi ça vaut le coup d’attendre.
Mention Spéciale : les casteurs qui ont réunit la distribution féminine la plus sexe de l’année avec Karolina Kurkova, Rachel Nicols et surtout Sienna Miller.

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