Mouse killa


Je suis Slobodan Milosevic. Je suis le torero qui s’apprête à mettre à mort le taureau. Je suis le braconnier qui embroche des bébés phoques sur la banquise. J’ai tué une souris.

Comme je suis créatif et que je l’ai trouvée dans la baignoire après 24 heures à jouer au chat [et à la souris ha ha ha], je l’ai prise en sandwich entre deux pièges collants pour éviter qu’elle ne se carapate pour la énième fois et je l’ai envoyée ad patrès. Aussi pour ne pas qu’elle attende trop longtemps le foudroiement de la crise cardiaque promise par la notice, dans un accès d’humanisme compatissant je l’ai assommée de trois petits coups de balais et zou !
Sac poubelle, benne à ordures, rideau.

Tout ça je l’ai raconté sur Vie à Deux mais il a fallu bazarder la note face à l’hallali des ecowarriors en herbe me souhaitant d’avoir « les os brisés en mille morceaux comme la souris pour voir ce que ça fait« , traitant ma meuf de « pétasse hystérique » et comparant cet animal insignifiant à un enfant. La bêtise la plus crasse est sans limites.
Y’a tellement de choses plus graves et ce sans aller jusqu’aux marmots qui crèvent du paludisme en Afrique ou jusqu’aux indiens d’Amazonie poussés vers l’abîme par la déforestation…

Au risque d’en choquer certains et de passer pour l’humain arrogant qui ne respecte pas la nature et qui fait souvent office de bad guy dans les Disney et les émissions de Nicolas Hulot, je ne pense pas que toute vie sur terre se vaut. Si tel était le cas, ça ferait de moi un mass murderer rien que pour tous les cafards et autres moustiques que j’ai supprimés à grands pschitt de Baygon Vert et je ne vois aucun espèce de raison qui ferait que la vie d’une putain de souris ait plus de valeur que celle d’une blatte.
Pour autant ni moi ni personne n’a à décider de qui doit vivre et qui doit mourir mais si je ne veux pas d’un animal aussi invasif que la souris chez moi, je suis dans mon bon droit. Contrairement aux pièges à loups, les pièges à souris sont en vente libre dans le commerce. J’ai tout autant le droit de m’en servir. que de siffler une bouteille de Coca Light si ça me chante. Enfin les pères fondateurs m’ont donné la liberté d’expression et c’est un droit inaltérable dont je compte bien me servir longtemps. Rien ne m’empêchait alors de raconter sur MON blog et comme je le voulais cette anecdote.

Tout ça pour dire que je me sens aussi coupable de la suppression de Mickey que si j’avais inventé les Chupa Chups. J’ai aussi honte d’avoir tué cette souris que si j’avais écrit n’importe quel bouquin de Norman Mailer. Je ne ressens ni honte, ni culpabilité.

En revanche je bouillonne intérieurement d’avoir dû supprimer le post, bien écrit en plus, et de laisser imaginer l’espace d’une nanoseconde aux connasses hystériques que ce retrait leur donne raison. Que leurs réactions, les plus violentes, disproportionnées, hors de propos et honteuses que le web ait connu depuis le débat sur le Pacs, étaient justifiées. Qu’on peut faire triompher ses idées par l’insulte, le mépris et la menace plutôt que par le verbe, le débat et l’argumentation.

Ca commence comme ça. Les écoterroristes qui ont été déterré et volé les cendres de la mère du PDG du groupe pharmaceutique Novartis pour lui faire payer les tests sur les animaux effectués par sa boîte en sont probablement passés par là.

Je suis Galilée obligé d’abjurer ses recherches pour ne pas finir en martyr de l’héliocentrisme.
Je suis un gouvernement démocratique forcé de financer le terrorisme à coup de rançons pour sauver ses ressortissants.
Je suis la liberté contrainte de céder un peu de sa verte prairie à la tyrannie.

Cela dit je n’ai pas emménagé hier sur le web ce n’est donc pas la première fois que ça m’arrive. A plusieurs reprises j’ai été forcé de me replier face à des menaces inadmissibles et pénalement répréhensibles, des accusations sans fondements, des raisonnements de demeurés ou des réactions hors de propos.
Bien évidemment, je comprends et soutiens la position de Fab 1000 fois.

Il fallait enlever cet article :
1/ Par respect pour madmoizelle.com qui nous héberge et qui n’a pas à subir les dommages collatéraux d’une bataille rangée entre mon ego et des gens qui en savent autant sur la demi-mesure que sur la fabrication des poupées gigognes à l’Est de l’Oural.
2/ Parce que je ne pouvais, ni ne voulais imposer à Soso de me suivre dans une guerre des mots blessante pour elle.

Tout ceci n’en vaut certainement pas la peine. Après tout je me fous de ces meufs comme d’une guigne et ça ne m’a pas empêcher de dormir. Mais putain de merde que je déteste devoir si ce n’est plier, au moins céder du terrain aux seropositifs de la bêtise qui contaminent tout le web à grands coups de connerie.

PS : cadeau aux amis des souris. Blow me.

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2 Commentaires

Classé dans Me, myself & aïe !

2 réponses à “Mouse killa

  1. Marie

    C’est cool de lire ce post, Jay ! Je suis rassurée.
    Quand j’ai vu le squizage d’article sur mdz, ça m’a franchement énervée. Les gens sont décidément trop cons.
    Bien que tu dises t’en détacher, ça fait quand même mal au derrière d’être obligé d’en arriver là.
    Merci en tout cas pour celui-là, t’as eu raison de remettre les choses à leur place.

  2. Lady&Bird

    J’aimais le post, la façon dont c’était écrit. C’est bien dommage que vous aillez du en arriver là. Bon courage pour la suite !

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