MC Hammer


A l’été 2006 Hands Up de Lloyd Banks et 50 Cent tournait dans tout Big Apple tel un chien un peu dérangé essayant de faire sienne une poule sans tête. Dans les clubs, sur HOT 97, dans les boomin’ system des SUV et dans les Scrabble clubs de Brighton Beach. Partout ça veut dire partout.

Ecoutez la chose, après j’vous dis un truc.

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« I’m good in the V.I.P I got my hammer right here with me« 
« Je suis bon dans le carré VIP, j’ai mon marteau juste ici avec moi« 

Vu que 50 Cent a autant de thunes que la couronne d’Espagne au faîte de sa gloire, passons outre les légitimes mais inutiles interrogations sur la faisabilité de tout ça pour nous concentrer sur l’essentiel : quel est le projet de cette personne ?

Il est d’abord tout à fait possible pour un esprit chafouin de percevoir cette rime comme une menace. 50 Cent signifie à l’auditeur-interlocuteur qu’en cas de conflit il a un marteau avec lui et qu’il se sent très à l’aise dans son environnement (en l’occurrence le carré VIP) pour en faire bon usage. Envisagé sous cet angle, cette rime menaçante peut aussi être vue comme une référence au film coréen Old Boy.
Pourquoi pas, sauf que je refuse tout de go d’envisager cette chanson festive à travers le spectre infamant de la violence. A ce titre considérons donc les autres hypothèses. D’avance merci.

Hypothèse Filip : l’image du marteau est en fait un symbole politique. 50 Cent le new-yorkais montre ici son côté le plus engagé en faisant référence à une bavure du NYPD qui avait fait couler plus d’encre que la grossesse de Rachida Dati dans Pure People.
Il y a dix ans jour pour jour, des promeneurs du parc Borough à Brooklyn font appel à la police. Un homme, Gideon Busch se comporte bizarrement (selon la police, il menaçait des kids avec son marteau, déclarant être le Messie), il pourrait être dangereux.
Habituellement dans ce genre de situations, les new-yorkais rechignent à contacter les forces de l’ordre de crainte qu’elles n’utilisent plus de force que nécessaire pour rétablir l’ordre. Amadou Diallo, plombé de 41 bastos après avoir essayé de se saisir de son beeper pourrait en témoigner s’il n’avait pas passé l’arme à gauche.
Mais Gideon Busch est blanc et juif (et membre de la Kabbale mais c’était pas écrit sur son front). Pas exactement le genre de gus qui met les flics en panique au point de faire frétiller leurs gâchettes. Et pourtant…

Six schmits entourent Gideon. Quatre d’entre eux font feu, le touchant mortellement à douze reprises. En dépit de leurs matraques et de leurs lacrymos, ils ont estimé qu’ils ne pouvaient pas le soumettre sans le tuer. Il faut dire que le bougre, légèrement illuminé, brandissait un marteau arrache-clou de 27,9 cm.
Manque de bol il était autant le Messie que je suis Lionel Messi et 10 ans plus tard, il n’est toujours pas ressuscité.

En faisant référence à cette bavure, 50 Cent essaye peut-être de nous dire « Je suis un mec respectable dans le carré VIP et pourtant j’ai un marteau avec moi. La police me tuerait-elle aussi ? Nous sommes tous des Gideons.« 
Bien vu Fiddy.

Hypothèse Adel : 50 donne dans la référence pop tel un Tarantino de la rime.
Adolescent, Monsieur Cent était fan de la série Step by Step diffusée en France sur M6 sous le titre Notre Belle Famille. Abandonné par son père à la naissance et orphelin de mère, 50 regardait avec envie cette famille recomposée modèle en particulier le pater familias magistralement campé par Patrick Duffy, mur porteur de la série et figure paternelle de substitution pour le jeune garçon empoté qu’il était alors. Plutôt que de le citer benoîtement comme l’aurait fait The Game, 50 Cent orfèvre de la rime s’il en est, préfère le symbolisme subtile d’un objet caractéristique au détour d’un refrain.
Clark Kent a ses lunettes, Gregory House sa canne, Paris Hilton n’a pas de culotte et Frank Lambert a son marteau. Pour mettre en évidence son turbin de patron d’une PME du bâtiment, la costumière avait en effet équipé l’éternel Bobby Ewing d’une ceinture d’où pendaient un marteau et un mètre. Et voilà !

Hypothèse Frank : si Monica Bellucci pense qu’ « en chacun de nous il y a un enfant qui crie vengeance« , en chaque armoire à glace il y a un enfant qui pleure. Curtis Jackson souffre de TOC depuis sa prime jeunesse. Après un gros travail sur lui mené parallèlement à la sculpture de son corps, il n’en subsiste plus qu’un : il ne supporte pas de voir un clou qui dépasse. Mais comme le bonhomme dispose d’une dose multi-vitaminée d’auto-dérision, il ne s’en cache pas et en joue pour rouler des mécaniques dans le titre de Banks. Ta pudeur t’honore Curtis Jackson.

Probablement faisons nous fausse route. Le plus plausible, c’est que le marteau dont parle 50 Cent soit le Mjöllnir, le marteau de guerre de Thor, Dieux scandinave du tonnerre, et qu’à travers cette référence mythologique il rende hommage à ses origines vikings.

Si ce n’est rien de tout ça, je ne vois vraiment pas ce qu’il pourrait fiche en boîte avec un marteau…

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2 Commentaires

Classé dans Music

2 réponses à “MC Hammer

  1. Ou alors le marteau c’est son penis et il dit tout de go qu’il est prêt à se taper de la groupie ?

    « Hammer » est un mot d’argot pour dire « penis »

    Et bravo pour avoir pondu autant de signes sur une rime de 50 Cent 😉

  2. Jayhova

    Merci.

    En ce qui concerne ta théorie, j’en ai entendu parler. Mais je n’y crois pas une seconde. C’est sous-estimé le talent de Curtis Jackson 😉

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