Last night I couldn’t give you…


Aller au ciné sans savoir ce qu’on va mirer, c’est comme participer à une soirée échangiste sans capotes : kamikaze. Le truc c’est que quand on vous vend une avant-première surprise, on a plutôt tendance à l’envisager sous les meilleurs auspices. On se dit que ça va être Avatar ou Sherlock Holmes et on oublie qu’il pourrait très bien s’agir d’Arthur et les Minimoys ou de Paranormal Activity

Tiens donc ! Hier soir c’était justement Paranormal Activity. Ou quand le Projet Blair Witch rencontre la Grande Soirée de l’Etrange. Le fauteuil de mémé qui vole contre les murs, les portes qui claquent la nuit et les mille et une façon d’utiliser la vision nocturne n’étant pas exactement des choses qui me passionnent, je suis rentré chez mes parents (apparemment j’ai bien fait. Ou pas).

La caserne parentale c’est comme une boîte gay, l’ambiance n’est jamais la même deux soirs de suite.

C’est ambiance Sarajevo quand Le Christ joue les snipers de la vanne, ambiance Rungis quand le Colonel Maman cause politique, ambiance révolution cubaine lors des accès de crise d’adolescence de ma soeurette. Hier soir, c’était ambiance Kigali avec mes parents dans le rôle des Hutus.

Presque deux mois après que j’ai posé mon paquetage dans leur salon, ils ont décidé de dépecer mon moral et ma vie sentimentalo-privée en mettant leurs gros pifs dedans tels des cochons truffiers sous ecstasy.
Débile, prétentieux et non-sensique. Un peu comme si un serrurier se radinait dans un bloc opératoire en bleu de travail et décrétait qu’il allait sauver le type au poumon perforé en train de crever sur le billard.
Jamais ils ne se sont vraiment intéressés à ma vie ou à ce que je pouvais ressentir, et là ce sont  « « « conseils » » » autoritaires,  coups de fils comploteurs à mes amis et anecdotes « moi à ton âge » version pilier de comptoir. De la merde en barquette de douze.

Apprends ça Marcel Ruffo : le dialogue parents/enfant c’est très bien,  mais ça se construit dans le temps, parallèlement à une relation de confiance. A moins d’être flic et de conduire une garde à vue, on ne se met pas un jour à table en décidant qu’on « va parler » et en annônant une palanquée de conseils à la mâche moi le gland.

Vous comprendrez donc que je les ai envoyés bouler. Plutôt que de me réfugier dans la musique ou je ne sais quelle activité autisto-mélancolique, j’ai taillé le bout de gras avec une personne chère à mon cœur (c’est probablement la dernière fois que vous lisez un truc pareil ici, j’aime autant vous le dire tout de suite). Une conversation galvanisante, lucide et généreuse. De celles qui comptent. C’est fou comme le top peut tutoyer le flop, comme le pire peut côtoyer le presque meilleur.

Si je n’ignore pas que j’étale de plus en plus ma vie privée dans les parages, cette conversation je vais la garder pour moi. Comment un arbre qui promet des fruits délicieux dans un jardin secret à préserver des cochons truffiers. M’en voulez pas. (et puis de toute façon vous n’êtes pas mon journal intime je vous ferai dire).

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3 Commentaires

Classé dans Me, myself & aïe !

3 réponses à “Last night I couldn’t give you…

  1. Garance

    Super billet ! T’as quand même quelque chose qui ressemble fort à un talent fou. Je crois que r blog va remplacer mon livre de chevet ces prochains temps 🙂

  2. so

    « tels des cochons truffiers sous ecstasy »
    Jay c’est le Hattori Hanzo de la métaphore

  3. He

    Ma mère m’impose exactement le même genre de « discussion » hebdomadaire sous prétexte que j’habite chez elle et que je n’ai plus de travail depuis 2 mois. L’amour maternel ne semble pas inclure l’option « comprendre le point de vue de l’autre ».

    Le pire étant qu’elle prend tout ce que disent les médias et les politiciens sérieux (= de droite) comme parole d’évangile, et donc ce ne peut être que de ma faute si je ne trouve pas de travail immédiatement (non il n’y a pas de crise économique, le système fonctionne parfaitement).

    Remarque, j’habitais avec mon père avant, mais quand il a vu que j’avais des difficultés à trouver du travail, il a déménagé à l’étranger. L’amour familial.

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