Where is Bryan ?


Les Français et l’anglais, c’est presque un cliché. Paraîtrait qu’on est des teubs et que tant de mauvaise volonté exaspère les touristes égarés dans une jungle où des expressions comme « rendez-vous » ou « déjà vu » ne sont pas de simples coquetteries linguistiques.
J’ai beau faire partie de la génération vostfr, j’ai tendance à penser que cette idée reçue n’en n’est pas vraiment une.

Au fil de ma scolarité, j’ai eu à maintes reprises le sentiment qu’on considérait comme faraud celui qui s’efforçait d’avoir le meilleur accent possible dans la langue de Shakespeare, quand on ne se payait pas carrément sa pipe.

Outre le fait qu’ils pensent que tout le monde cause la langue de Solaar, c’est peut-être pour  ça que les Grenouilles ont un accent si pourri quand ils jactent en anglais. A la limite je ne sais même pas si on peut décemment dire qu’ils parlent anglais vu leur accent. Il serait certainement plus à propos de dire qu’ils parlent français en utilisant des mots anglais.

Pour ce qui est de ma pomme, je me surprends à ne pas parler le même anglais selon que je m’adresse à des francophones ou à des anglophones. Avec des compatriotes, il y a comme une retenu, une volonté de ne pas donner l’impression d’en faire trop.

A chaque fois que je vais à l’étranger (genre je suis Monsieur Lâm et ça arrive tous les quatre matins), je suis étonné de constater à quel point mon anglais est fluide et coulant, compréhensible et détendu. Je ne cherche pas mes mots, je ne bute pas sur la prononciation, je ne prends pas non plus de dico avec moi et pourtant je comprends tout et je suis compris en retour ! Le vocabulaire, si retors quand il s’agit de jouer les St-Bernard traducteur pour ma sœurette, coopère sans se faire prier.
En somme, envoyez-moi à Londres ou New-York et je suis un vrai Nelson Monfort.

Vous avez le cul bordé  de nouilles parce que j’ai une théorie à ce sujet (c’est un peu bizarre cette expression : « avoir le cul bordé de nouilles » non ? C’est censé vouloir dire qu’on a de la chance si on a de la nourriture un peu gluante au bord du cul ?). Je pense que lorsque l’on taille le bout de bacon avec un anglo-saxon, il faut mettre de côté la grammaire, l’accent, la prononciation et tout ce qui pourrait vous enfermer dans le carcan paralysant de la peur de mal faire. Il faut parler comme ça vient, que ça sorte, laisser les mots venir à soi… On n’est pas au ski, on ne risque pas d’être stoppé en pleine descente par un sapin si on se lance à l’aveuglette.
Ce qui compte c’est d’être compris. Si tu as un mauvais accent ou que tu conjugues un verbe de traviole, ton interlocuteur n’y fera même pas attention, ou alors il te corrigera. En revanche, si tu bafouilles et que tu cherches tes mots pendant 15 secondes comme un puceau le jour de la Saint-Frifri, il te suggérera vite fait d’aller faire causette à son mouflet de 5 ans.

Discuter avec quelqu’un dans une langue qui n’est pas la sienne et qui du coup le devient, vérifier in situ que l’on parle effectivement anglais, que ce n’est pas simplement une formule obligée pour CV, c’est probablement l’un des trucs les plus agréables qui soit. Comme de se retrouver par accident sur le dancefloor et de s’apercevoir qu’on sait carrément danser.

Naturellement, j’ai bien conscience que gommer son accent français, ça ne fait pas les affaires sexuelles de tout le monde. Mais que voulez-vous, you can’t always get what you want.

 

PS : au fait, on s’en bat l’œil d’où il est Brian !

 

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6 Commentaires

Classé dans Me, myself & aïe !

6 réponses à “Where is Bryan ?

  1. Désolé si je balance ma science mais en fait si les Français sont en règle général assez médiocre en anglais c’est principalement à cause d’un problème de fréquence. En fait, le français est une langue qui utilise des basses fréquences alors que l’anglais utilise plutôt les hautes. C’est donc une question d’oreille qui a du mal à s’habituer. Et c’est aussi pourquoi les Allemands ou les scandinaves ont plus de facilité avec l’anglais : ils ont des langues avec des fréquences hautes.

    Et pour ce que tu dis à la fin du billet, c’est tout à fait vrai. J’ai fait un certain nombre de séjours assez longs aux Etats-Unis dans ma jeunesse et c’est ce que nous disaient les profs, qu’il fallait se détendre, quitte à faire beaucoup de fautes de grammaire et de vocabulaire au début… C’était la meilleure façon d’apprendre à parler une langue étrangère.

    😉

    • Jayhova

      Mais ne soit pas désolé Michael ! Je ne savais pas ça du tout et c’est super intéressant ! Mais il faut bien reconnaître qu’au delà de ça il y a quand même un petit côté hautain non ? 😉

  2. so

    ah tu parles anglais toi ? Je savais pas !
    😉

  3. so

    ah tu vois que tu t’y mets !!

  4. Zoé, la femme galak

    Je confirme ce que tu dis même si ici à Londres la plupart des français ont quand même un accent relativement correct. Pour ma part, on me dit souvent que le mien est délicieusement sucré et je te confirme que c’est l’une des choses les plus agréables qui soit 😉

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