Caught In the loop


Les lecteurs de la première heure le savent, il fut un temps où il y avait ici plus de revues ciné que de coups fourrés au Parti Socialiste. Mais j’ai décidé d’arrêter de faire de Mogadishow une arrière-boutique label rouge d’Allociné quand j’ai compris qu’il n’y avait aucun intérêt à vous causer de films de merde ou de films moyens. Même si tu le fais avec talent, c’est comme si le meilleur stalker du monde suivait un exhibitionniste ou qu’un sniper de premier plan dessoudait Benoit XVI au petit coin.
Voilà pourquoi l’appareil du parti a décrété qu’à l’avenir, je ne vous causerai que de bobines qui valent la peine d’être lues.

Cette semaine, j’ai été plutôt gâté puisque ce sont deux films de top ten list que j’ai vu.

Commençons par In the loop, le deuxième viendra plus tard dans la journée. Quand vous lirez ces lignes, il restera certainement autant de copies de In the loop dans l’Hexagone que de synagogues au Pakistan. Dommage parce que ce film anglais sur les coulisses d’une guerre qui se prépare est un vrai petit bijou, une des comédies de l’année.

Grâce à sa mise en scène à la The Office et son montage qui ne perd pas de temps, In the loop est un film énergique et super speed. Et qui a quelque chose à dire ! C’est peut-être ça le plus incroyable. Certes politique et cinéma sont souvent une combinaison gagnante, mais à ce niveau là, c’est flabistouflant.
Les coulisses de la politique tels qu’Armando Iannucci les dépeints ne sont franchement pas jojos à voir. Entre la lâcheté des uns, le carriérisme des autres et la compromission de tous, il n’y en n’a pas un pour rattraper l’autre. Alors qu’ils sont au plus proche du pouvoir, la plupart des personnages n’ont pourtant jamais été aussi loin des responsabilités. C’est surtout vrai pour les plus jeunes d’entre eux, tellement cyniques et dépourvus d’idéaux et de moral qu’ils sont presque aussi flippants qu’un Hannibal Lecter.
Dans In the loop, les politiques ne sont d’ailleurs que des poupées de chiffon dépourvues de libre-arbitre et secouées dans tous les sens par des communicants qui les manipule à l’envie. Ce sont les Henry Guaino and Co qui tirent les ficelles en réalité.

En bon film satirique qu’il est, la qualité d’In the loop repose en grande partie sur son propos et par extension sur ses comédiens, tous excellents. Deux d’entre eux tirent leur épingle du jeu cependant :

Peter Capaldi d’abord. Vu dans le rôle du pater de Sid dans Skins, il crève l’écran dans le rôle  culte de Malcolm Tucker, dir’ com’ du Premier Ministre briton. Sa logorrhée ordurière et pétri de références à la pop culture, pulvérise l’idée qu’on se faisait du légendaire flegme britannique et constitue le meilleur ressort comique du film.

Tom Hollander ensuite. Découvert dans le rôle de Lord Beckett dans Pirates des Caraïbes, il excelle dans le rôle du pauvre type gaffeur dont on se demande bien comment il s’est démerdé pour atterrir dans le costume de ministre, à l’évidence trop grand pour lui. Pour autant, alors que le risque était grand, il ne tombe jamais dans la caricature.

Si pendant tout le film on rit à s’en claquer les abdos qu’on n’a pas, sur les dix dernières minutes,  c’est pour ne pas pleurer de rage qu’on continue à rire. On se doute bien que décider d’une guerre est sans doute plus subtile que ce qu’on voit dans In the loop, mais le simple fait que ne serait-ce que 10% de tout ça puisse être vrai est tout simplement flippant et révoltant.

Alors que Good Morning England tenait la corde pour être la comédie rosbeef de l’année, il s’est fait niquer sur le corde par ce petit bijou satirique diablement bien écrit et interprété. Ah au fait, bonne nouvelle : In the loop est un spin-off de la série The thick of it. Et il y a Malcolm Tucker dedans. Cool.

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2 Commentaires

Classé dans Cinéma, Critique

2 réponses à “Caught In the loop

  1. soupaloignon

    In The Loop est l’un des DVDs que j’ai en attente de visionnage (il m’inspire pas ce mot, trop moche pour exister) notamment pour James « Tony Soprano » Gandolfini mais ce que tu en dis me donne encore plus envie.
    « Good Morning England tenait la corde pour être la comédie rosbeef de l’année », en dehors de la B.O qui est très bonne, j’ai trouvé que le film ne valait pas les promesses qu’inspirait de sa bande-annonce.

  2. Zoé, la femme Galak

    Je suis une grande fan de The thick of it et Malcolm Tucker grâce à qui j’ai grandement progressé en anglais si tu vois ce que je veux dire.
    Sinon j’ai vu et adoré In the loop. Qu’il en soit de même pour toi me fait super plaisir. Une fois de plus tu me surprends Handsome Jay 😉

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