Railway to Hell, post-scriptum


Dans ma dernière note sur le métro, y’a deux catégories d’usagers dont je n’avais pas parlé. On va réparer cette erreur de suite parce que figurez-vous que l’exhaustivité est une de mes névroses.

La première c’est celle des gens qui tapent le sprint une fois arrivés sur le quai dans l’espoir de bondir dans la rame, alors que ça fait 36 ans que la sonnerie de fermeture des portes pousse son lugubre hurlement.

Le matin, aux heures de pointe, il y a un métro environ toutes les 2-3 minutes sur la ligne 5. Du coup je ne comprends pas que les gens tentent le diable en se glissant entre les deux portes de la rame avant qu’elles ne se ferment, alors qu’on sait tous qu’ils risquent de se faire pincer très fort. On dirait des apprentis John Mclane option Une journée en enfer. Genre la station va exploser et cette rame bondée sur le départ est celle de la dernière chance.

Comme je suis une sorte d’ethnologue du quotidien, j’ai noté que les sprinters du matin étaient souvent des femmes, ceux du soir plutôt des hommes. Faudrait que je fasse une étude avec des chiffres et tout, ça mettrait du plomb dans l’aile à la théorie selon laquelle passé 35 ans, les gars traînent la patte pour rentrer à la maison et retrouver bobonne en sortant du turbin.

Si vous êtes un sprinter de métro, laissez moi vous narrer une anecdote aussi brève que la carrière de James Dean. Le 25 juillet 1995, une poignée de minutes avant 17 heures, un oncle à moi a raté d’un souffle le RER B à Châtelet. Quelques minutes plus tard, c’est la station St-Michel qui était soufflée par une explosion. Depuis, il ne court plus pour chopper son métro. Putain de superstition. Pour achever de vous convaincre, je vous conseillerai bien de regarder Pile et Face avec Gwyneth Paltrow. On y suit deux histoires en parallèle : dans l’une Gouinette rate son métro, dans l’autre non. Vous verrez qu’avoir ou pas son métro est une question de destin, et c’est bien connu, il ne faut pas forcer le destin.
En ce qui me concerne, j’ai cessé de courir après les transports depuis le jour où je me suis bloqué le dos comme un connard en tapant le sprint derrière le bus pour être à l’heure au lycée. Moi j’dis ça, j’dis rien. Faites comme vous voulez.

Seconde catégorie d’emmerdeurs métropolitains, les Anglais. Je les appelle comme ça parce que systématiquement, ils longent les couloirs du métro à contre-sens.
A Gare du Nord quand tu quittes la ligne 5 pour attraper le RER E, il est communément admis que tu dois serrer à gauche dans le couloir puisque c’est de ce côté que se trouvent les escalators ascendants. Ceux qui prennent le métro doivent donc serrer à droite, ce que la majorité d’entre eux fait. Malgré tout, chaque matin, avec un systématisme digne d’un gigantesque complot de casse-couilles, il reste des gus pour prendre le couloir en sens inverse. Une fois sur deux les gus en question sont gros, sinon c’est pas rigolo.
Dis comme ça, peut-être que ça vous semble parfaitement anodin, mais en pratique, quand tu es coincé derrière une Big Mamma qui marche aussi lentement que si on l’envoyait à Auschwitz, que tu ne peux te faufiler ni sur sa gauche à cause des Anglais, ni sur sa droite pour ne pas en devenir un à ton tour et que tu es obligé d’attendre le RER de 8h41 parce que celui de 8h29 t’es passé sous le nez, bah ça a tendance à renforcer ton sociopathe side.
Surtout que moi, quand je suis en retard, bah je cours pas…

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4 Commentaires

Classé dans Me, myself & aïe !

4 réponses à “Railway to Hell, post-scriptum

  1. Dans le registre des gens qui courent, j’ai vu une fois une fille qui s’est coincés les cheveux dans la porte en faisant ça. Elle a passé une station comme une conne !!!

    Je pourrais te rajouter un autre genre de chieur du métro (anecdote de ce matin) : alors que le tromé a démarré, ceux qui tentent de s’assoir sur les places « à 4 » en te foutant leurs aisselles sales dans la gueule pour ne pas tomber et qui sortent à la station juste après en refaisant leur petit manège…

  2. so

    marrant
    « alors qu’on sait tous qu’ils risquent de se faire pincer très fort » le petit lapin !!

  3. so

    j’peux savoir pourquoi j’ai un avatar avec une tronche d’abruti ? lol

  4. Jayhova

    @ Michael : ça devait être épique le coup de la fille coincée ! Perso j’ai lu une anecdote de Monsieur Lam qui racontait la fois où son sac est resté coincé à l’extérieur de la rame, le problème c’est qu’à la station d’après, le quai changeait de côté ! lol Il a donc dû appeler les « secours » pour qu’ils immobilisent la rame et viennent ouvrir sa porte. Je te dis pas comment il a dû se faire conspuer !

    @ so : c’est bien, tu connais tes classiques ! En ce qui concerne les avatars je ne comprends pas du tout comment ça marche. Faut demander à Fab il en a un personnalisé.

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