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Go ahead, make me laugh !

Dans la vie, il y a un tas de petites bricoles qui me déplaisent : quand il y a plus de tomate que de farce dans les tomates-farcies, être harponné par les vendeurs dans les magasins, dire mon prénom ou encore qu’on fasse la lecture de bidules que j’ai écrit en ma présence. Ça, ça me met super mal à l’aise.

Jeter sa création sur le web, loin de la primo-réaction du public, et le faire live and direct à la merci des bides, sont deux choses aussi distinctes que de voir son fils de 7 ans se faire démonter dans une compétition de kickboxing et de rester à la maison bien sagement, dans l’attente d’un coup de fil post-combat.

Partant de ce postulat, vous comprendrez l’admiration et le respect que j’ai pour ceux et celles qui se lancent sans filets face à un vrai public.
C’est encore plus vrai quand il s’agit d’un inconnu au bataillon. Parce que pour un Gad Elmaleh par exemple, la célébrité biaise le truc. Il lui suffit de dire « couscous boulettes » avec un accent de là-bas pour décrocher une volée de rires.

Quand personne ne sait qui tu es, c’est une autre paire de pantoufles. La facilité passe beaucoup moins bien.
Mettons-nous en situation. Tu t’appelles Nora Hamzawi, tu joues ton premier one-woman show dans une salle grande comme l’estomac de Massimo Gargia et te voilà devant une trentaine de quidams qui semblent dire « bah vas-y ma grande, fais nous marrer maintenant qu’on est là… ».

En outre, alors que tu peux avoir un eye-contact avec chaque membre de ton public (qui en fait n’est même pas le tien puisque la majorité est venue pour cause de gratuité), il t’envoie chier des ronds de chapeaux quand tu le sollicites :

  • « Y’a des garçons dans la salle ? » Pas de réponse alors qu’on était assez de gars pour faire une équipe de basket (sans les remplaçants).

Pas la peine d’être le king de l’empathie pour capter combien il faut être courageux pour plonger tête la première dans le grand bain des one-man show, alors qu’il faudra certainement passer par les salles XS et composer avec les applaudissements polis.

Comme on n’est pas dans un de ces lycées rosbeefs où on file une gratification à des petits cons parce qu’ils vont en cours, je vais pas fourguer une image à Nora pour son courage.

D’autant plus qu’elle n’a pas besoin de cette charité puisque je l’ai trouvée plutôt funny. Selon certaines mauvaises langues, j’étais même le seul à rire. Lire la suite

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USA vs France : K.Omédie

En France on a parfois une fâcheuse tendance à passer à côté de l’essentiel.

C’est comme ça qu’une série aussi définitive que « The Shield » a été diffusée dans l’indifférence générale à des heures révolutionnaires par FR3, que Jay-Z est essentiellement connu comme étant le mari de Big Booty Beyoncé ou encore qu’on continue par ici de snober la crème de la comédie US.

Après Will Ferrell et la fine équipe du Frat Pack, c’est au tour de la génération Apatow, menée par l’excellent Seth Rogen, acteur et scénariste, de prendre les chemins de l’underground pour accéder au statut de culte.

La presse a retenu la leçon, elle qui ne cesse de tresser des couronnes de lauriers à cette nouvelle bande de marrants, des « Grands Frères » à « Supergrave » en passant par « En cloque mode d’emploi« .

En même temps, le public est un mouton con, il va paître où on lui dit et malheureusement, rayon comédies US qui font rire pour de vrai (non les comédies romantiques avec Cameron Diaz, Reese Witherspoon et Patrick Dempsey ne comptent pas), les salles font leurs majorettes, forçant les amateurs au sevrage. Lire la suite

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Coco : c’est pas drôle, ça marche et en plus il la ramène !

Guerre civile à prévoir dans mon couple, je vais cisailler « Coco » et son proprio à la serpe. Si moi-même je finis taillé en morceaux au coupe-coupe, vous saurez d’où ça vient…

Après avoir découvert ce ratage cocosmique, je m’étais soumis sans la moindre résistance à la loi du silence imposée par les fans de l’humoriste préféré des Français devant, derrière, à côté ou en dessous de Dany Boon, on ne sait plus trop. Aujourd’hui, la déontologie m’oblige à parler. Qu’importe les conséquences. Je suis prêt.

Si l’icône cocomique de la ménagère de moins de 50 ans avait eu la modestie de la jouer profil bas suite au succès de son film, j’en aurai fait autant. Mais puisqu’il fait le malin, je m’en vais le pousser dans le ravin. Est-ce que Franck Dubosc l’avait ramené outre-mesure après le carton inexplicable (et inexpliqué) de « Camping » ? Je ne me souviens plus trop, mais dans le doute, on va dire non.

Vu le battage promotionnel autour de Gad Elmaleh à l’occasion de la sortie de « Coco« , j’aurai pu lustrer les trompettes et sortir l’artillerie lourde plus tôt. Mais je ne l’ai pas fait. Accorder une telle couverture médiatique à un film dont la médiocrité n’a d’égale que le vide abyssal, c’est pourtant comme inviter Mickael Youn au 20 heures de TF1 avec un mégaphone pour qu’il puisse crier « Bite !!! ».

Hier soir, Gad Elmaleh, est allé montrer sa bobine de gendre idéal dans « Le Grand Journal de Canal Plus » pour s’autoféliciter du succès de son premier film en tant que réalisateur.
Plus de 2,5 millions de français l’ont vu depuis sa sortie. On ne le dira jamais assez, mais succès n’est pas synonyme de qualité. Toute proportion gardée, « Mein Kampf » s’est vendu à 80 millions d’exemplaires en 74 ans, il ne mérite pas le Prix Nobel de littérature pour autant.  
Au fond, le public ne s’y trompe pas. D’ailleurs malgré le succès, le bouche à oreille est désastreux ainsi qu’en témoignent les notes attribuées par les forumeurs d’Allociné (734 critiques, 1 sur 4 de moyenne), pourtant aussi exigeants avec la qualité que Paris Hilton avec le port de la petite culotte. Plus parlant pour le businessman planqué derrière le sourire Colgate de Gad Elmaleh, les entrées de « Coco » ont chuté de 66% en deuxième semaine. Ce n’est pas comme s’il ne l’avait pas cherché en même temps…

« Coco » est aux comédies françaises ce que le 0 est aux maths : le néant (en tout cas j’imagine parce que j’y connais rien en maths). Jamais je n’aurai cru ça possible, et pourtant il semblerait bien que Gad Elmaleh ait accompli l’exploit himalayesque de faire pire que « Double Zéro » et « Iznogoud« , qui en matière de grosse bouses se posaient là.

Avec ce premier film en tant que metteur en scène, Gad Elmaleh, qui cumule aussi les fonctions de scénariste, de producteur et d’acteur, fait mentir sans la moindre difficulté l’adage « on n’est jamais mieux servi que par soi-même. « Coco » est une cocoquille vide faute de fil conducteur, de situations comiques et de seconds-rôles solides. Les pourtant talentueux Manu Payet, Jean Benguigui et Pascale Arbillot sont réduits à l’état de simples laquais d’un Gad narcissique et cannibale.
Rayon scénar’, plutôt que de creuser pour approfondir son personnage, Elmaleh a choisi la facilité en brodant deux trois scènes pour donner un semblant de consistance à l’histoire, laquelle se borne à étirer en longueur le sketch dont elle s’inspire. Gad Elmaleh, qui a co-écrit le scénario avec une certaine Caroline Thivel dont on espère ne jamais entendre parler à nouveau en de pareilles circonstances, recycle paresseusement les bons mots de ses précédents spectacles et va même jusqu’à copier la scène la plus connue du « Dîner de cons » comme l’avait fait d’ailleurs Dany Boon dans « Bienvenue chez les Ch’tis » mais avec plus de réussite.

Quant à la mise en scène, il faut arrêter de croire que réaliser un film c’est à la portée du premier bleu-bite venu. Réalisateur c’est un vrai boulot, et manifestement ce n’est pas celui de Gad Elmaleh. Impersonnelle au possible et dépourvue de tout parti pris visuel, sa mise en scène sans idées passe totalement à côté de la démesure du personnage principal.
Avec « Coco« , Gad Elmaleh échoue dans les grandes largeurs là où Eric et Ramzy avaient réussi avec l’excellent « Seuls Two » : réaliser une comédie drôle et visuellement réussie qui reflète un univers tout en s’en émancipant pour aller vers autre chose. 

Pire que tout, Gad Elmaleh, qui, j’en suis sûr, n’est pas un mauvais bougre au fond, même s’il a voulu faire les poches de ses fans, nous impose une morale à trois francs six sous le caramel mou qui fera certainement écrire à un gratte papier lèche bottes que « Gad Elmaleh est un tendre« . Sur ce coup-là, Gad Elmaleh est surtout un escroc. Shalom.

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